Dr. Luisa Dologuélé Potolot, Présidente de la Fondation Espoir et Avenir

Luisa Dologuélé Potolot, est avant tout un médecin de formation. Ce chemin, elle l’a choisi par vocation et le conçoit comme un sacerdoce. Depuis 2007, elle a décidé de troquer sa blouse blanche contre le développement et l’humanitaire. C’est donc une femme d’action, qui a travaillé pendant près de treize ans aux Nations-Unies et dans de nombreux pays, toujours aux côtés de ceux qui souffrent.

Pour Docteur Luisa Dologuélé, la médecine est  la réponse à son besoin de soulager autrui. Elle a exercé sa profession avec passion et rigueur. A l’en croire, l’ordonnance médicale qui sanctionne la consultation ne suffit pas. « Sourire, prendre la main, écouter un patient qui arrive dans un cabinet médical, est le premier remède de guérison », renchérit-elle. A la fin des années 90, les ravages de l’infection VIH/SIDA conduisent le Dr. Luisa Dologuélé Potolot à mettre ses compétences au service des malades et des familles, en pleine détresse face à ce fléau. A cette époque, son pays, la République Centrafricaine, faisait partie des pays du continent où la prévalence était très élevée. Elle  va s’engager résolument dans la lutte contre le VIH/SIDA. Et n’hésitera pas à sensibiliser les populations à faire le dépistage, seul garant d’une prise en charge adaptée et d’accompagnement de proximité, alors que cette maladie était taboue. C’est en 1998 qu’elle devient le premier médecin des Nations-Unies exerçant dans son pays d’origine. Parmi les nombreuses initiatives qu’elle va mettre en place pour redynamiser le dispositif médical de prise en charge du personnel des agences onusiennes résidant en Centrafrique et de leurs familles, il faut citer les actions menées auprès du  Siège des Nations-Unies, à New York pour élargir la couverture des soins à cette infection dramatique qui décimait des familles entières.  Mais son combat, elle le conduira  pour les nombreux autres malades porteurs de la maladie, qu’elle a décidé d’accompagner aussi en dehors de ses responsabilités au sein de l’Unité Médicale des Nations-Unies. C’est ainsi qu’en 2001, elle met en place à Bangui le premier circuit d’approvisionnement en Antirétroviraux à coût réduit. A cet égard, il est bon de rappeler  ces propos de Dr. Luisa Dologuélé Potolot: « Cette initiative qui a permis de mettre à la disposition des populations centrafricaines, la première vague de produits génériques expérimentés par l’INDE, n’aurait pas été possible sans l’engagement de mécènes privés qui ont préfinancé la première opération au profit de la principale Centrale d’achat pharmaceutique de la place qui a accepté de renoncer à toute marge bénéficiaire». Le rôle des autorités gouvernementales a été également décisif, puisque la requête   d’exonération des droits de douanes qu’elle a introduite pour valider son projet a reçu un avis favorable, permettant ainsi de pouvoir payer ces nouvelles molécules, jusque-là accessibles seulement aux plus nantis qui pouvaient se rendre en Europe…Afin de mieux prendre soins de ses patients, elle n’hésitera pas en 2002 à prendre une année sabbatique  pour se rendre en France  renforcer ses connaissances en VIH/SIDA  au sein de l’équipe du Pr. Jean François Delfraissy, aujourd’hui directeur de l’Agence Nationale de Recherche sur le SIDA et les hépatites virales  (ANRS) et aussi coordonnateur de la lutte contre EBOLA.

Plus tard en 2004, c’est au Congo Brazzaville que cette passionnée de « l’Humain » poursuivra son engagement contre le VIH/SIDA, toujours en tant que médecin du personnel des Nations-Unies. L’année qui suivra son installation au Congo, elle obtiendra de sa hiérarchie au PNUD,  des financements  pour la formation de quinze médecins congolais à la prescription des Antirétroviraux et à la prise en charge adaptée des patients porteurs du VIH/SIDA.  La formation organisée à Yaoundé par l’Association Médaf International a permis d’emmener dans plusieurs capitales africaines les sommités médicales européennes qui ont su contribuer à l’inversion de la courbe de cette maladie, devenue rapidement plus qu’une maladie, un véritable désastre économique. Aujourd’hui encore, elle garde un lien soutenu avec ses nombreux patients, qui l’appellent dès qu’ils ont un problème de santé à résoudre.

C’est au cœur du quotidien de ses patients, qu’elle va ressentir le besoin d’en faire encore plus pour le plus grand nombre. En marge de ses responsabilités médicales, elle se forme et intègre en septembre 2007, l’équipe de Direction du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) au Congo en tant que Conseillère Technique Principale du Centre d’Exécution et d’Appui des Programmes et Projets (CEDAP) du PNUD. Elle y restera pendant les cinq années qui vont suivre comme la seule représentante du genre et va  sillonner le territoire entier du Congo pour apporter aux communautés les infrastructures de base. A son actif et à celui de son équipe de plus de quarante contractuels, on reconnait la réhabilitation/construction de plus de 1700 salles de classes, de centres de santé, de centres de formation des jeunes déscolarisés. Des programmes d’accompagnement ont permis aux populations d’initier des activités génératrices de revenus tournées vers  l’amélioration des conditions de vie de la collectivité.  Elle a un sens aigu de  la conscience professionnelle et du travail bien fait.  Son esprit d’équipe, sa pro activité pour  réaliser les taches les plus complexes qui lui sont confiées et sa capacité de  multidisciplinarité lui a valu de la part de ses collaborateurs le surnom de «  Docteur Multi-système ». En effet, dans sa reconversion, elle s’est également formée à la passation de marchés.  C’est à ce titre qu’elle était également  Responsable du service des acquisitions du PNUD  et des agences  onusiennes non représentées  tout au long de son expérience en tant que Fonctionnaire Internationale du PNUD.

Ce qui frappe dans l’interaction avec le Dr.Dologuelé Potolot,  ce sont ses qualités professionnelles mais aussi humaines. Elle sait écouter et être attentive aux préoccupations de ses interlocuteurs,  quels que soient la catégorie, le grade,  le rang  ou même l’origine de ses interlocuteurs.

 

Après avoir exercé dans de nombreux pays (France, Maroc, Cameroun, Congo, Centrafrique,..) et avoir évolué dans le milieu multiculturel des Nations Unies  pendants plus de douze années, celle qui est aussi une épouse et une maman comblée de trois enfants, décide en 2012 de donner un nouveau cap à sa vie et  rentre en République Centrafricaine. Son nouveau défi : mettre son expérience de femme de terrain au service de la femme et de la jeunesse. Cet élan sera malheureusement contrarié par la crise militaro-politique qui frappe encore une fois de plus la Centrafrique en 2013. Qu’à cela ne tienne ! Avec l’Association « Espoir et Avenir »,  ONG internationale et apolitique créée en 2009, par son époux et par elle-même, le Dr. Luisa Dologuélé a contribué, chaque fois que possible et au plus fort du chaos, aux  efforts réalisés par les autres acteurs humanitaires engagés auprès des  populations déplacées et meurtries par le conflit.

Aujourd’hui, à l’heure où la Centrafrique panse ses plaies, la force de l’engagement de cet infatigable soldat humanitaire reste intacte.   Elle souhaite désormais capitaliser les initiatives réalisées par « Espoir et Avenir » dans les moments d’urgence, pour les inscrire dans la durabilité, et ce, à travers des formations et un accompagnement personnalisé des jeunes.

Désormais, c’est au chevet des populations centrafricaines qu’elle veut œuvrer, afin de les accompagner pour être  les propres acteurs de la promotion de leur santé et de l’amélioration de leur cadre de vie. Dans toutes ses actions, le Dr. Luisa Dologuélé Potolot cherche l’efficacité et se donne un point d’honneur à faire  preuve de responsabilité et de transparence. C’est très certainement ce trait de caractère qui lui a valu aussi au cours des  cinq dernières années passées auprès du PNUD Congo, de conduire l’Equipe de formation en charge de  « la Gestion Axée sur les Résultats en sigle GAR », tournée vers le renforcement des capacités nationales en matière de gouvernance managériale et économique.

Dans un avenir très proche,  le Dr. Luisa Dologuélé Potolot promet de s’atteler de manière plus soutenue à la cause des jeunes de Centrafrique et des jeunes filles en particulier. « C’est pour eux que nous, les plus âgés, devons-nous battre pour le retour à une vie normale en Centrafrique. Mais eux aussi doivent être conscientisés, car sans eux, il n’y aura point d’avenir pour la RCA, » dit-elle.  « Il ne s’agit pas de politique, mais d’un engagement patriotique, essentiel pour tout citoyen,  comme cela est la règle depuis le temps de l’Antiquité et dans tous les pays du monde»  Ce sera aussi l’occasion de mieux faire connaitre cette structure associative pour laquelle elle œuvre au bénéfice du plus grand nombre. Et puis, elle rappelle qu’elle a plus appris de l’Ecole de la vie et au contact des autres, que sur les bancs de l’Université.

 

Dr. Luisa Dologuélé Potolot est l’épouse de M. Anicet Georges Dologuélé, candidat aux prochaines élections présidentielles de son  pays. Quand on lui demande quel rôle elle jouera auprès de son mari s’il venait à être élu aux prochaines échéances, elle répond : «  Celui qui a toujours été le mien depuis près de vingt-huit ans. Un rôle d’épouse, qui essaie d’apporter en tout temps, sérénité et apaisement à la maison. Mon rôle d’écoute devra être plus important  car il s’agira non seulement d’accompagner un Homme d’Etat confronté à des difficultés de tous les jours, mais aussi et surtout d’être attentive à tous les compatriotes envers lequel il s’est engagé.  Mais  il est évident que comme cela a été le cas quand il était Premier ministre et au Gouvernement de 1997 à 2001,  j’aurai besoin de continuer à œuvrer aussi pour mon épanouissement personnel et à aider les autres. Hier, il y avait le VIH/SIDA. Aujourd’hui, il y a Ebola et la Centrafrique aussi aura fort à faire pour ne pas laisser de place à ce nouveau fléau. Pour cela, il faudra s’atteler à créer des conditions sanitaires  de premier plan et ça « c’est l’affaire de tous ».

On l’aura compris, le « Docteur Multi-système » a besoin d’actions pour nourrir son  dynamisme.  Quand on lui demande si elle a des défauts, elle  répond avec  un  sourire qui la caractérise : « J’en ai beaucoup, comme tout le monde. »

Rachel kesseng

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