Entretien avec Maurice Bandaman, ministre de la Culture et de la Francophonie de la République de Côte d’Ivoire

France : Retour sur le salon du Livre à Paris du 24 au 27 mars 2017

« J’ai été proche des acteurs culturels et je n’ai négligé aucun secteur de la culture.»

Vous représentez la Côte d’Ivoire au Salon du Livre 2017 à Paris, où pour la première fois l’Afrique est à l’honneur. Déjà des surprises ?

Oh oui, des surprises il y en a eu. Je note que c’est la première fois que l’Afrique a un si beau stand. Avant, les stands des pays africains étaient éparpillés dans le Salon. Toutefois, je dois remercier Aminata Diop et ses collaborateurs pour nous avoir réunis sous un pavillon.
Cette année j’ai joué le rôle d’ambassadeur. J’espère que vous l’avez remarqué. La Côte d’Ivoire et ses partenaires ont pris un grand espace afin de faciliter la viabilité de ce projet. Cependant, je voudrais profiter de votre journal pour remercier tous mes homologues, qui ont également pris un stand cette année.
J’espère que l’année prochaine il y aura encore plus de pays africains sous ce pavillon, car le bilan est plutôt positif vu la qualité des invités qui ont débattu aux tables rondes, le nombre de passages dans le pavillon africain, le nombre de livres vendus.
Sans compter les ateliers pour les enfants avec la Fondation Children Of Africa. Je me demande pourquoi nous ne l’avions pas fait les années passées.

Que retenez-vous de cette édition ?

Je retiens deux choses : la première, c’est de voir et d’entendre chanter les enfants du monde sur nos comptines africaines animées par nos auteurs. Je tiens à féliciter ces derniers pour leur travail.
La deuxième, en tant qu’écrivain, ma rencontre avec le premier auteur noir lauréat du prix Nobel de littérature, le Nigérian Wole Soyinka, m’a fait énormément plaisir.

Quels sont les fondamentaux et les principes du modèle culturel ivoirien ?
Le modèle culturel ivoirien se base sur ses traditions ancestrales. La Côte d’Ivoire est un pays d’ouverture et de générosité. Que ce soit la littérature, la danse, la musique, la peinture, le théâtre ou le cinéma etc., tous sont inspirés de nos ancêtres. Par conséquent, nous avons le devoir de protéger et de faire prospérer tous ces arts.
Nous sommes très fiers de nos artistes qui se vendent bien sur le plan local mais également à l’international. D’ailleurs, je tiens à le rappeler, la Côte d’Ivoire a toujours été une plate-forme pour le lancement des artistes de tout le continent africain.

Ministre de la Culture et de la Francophonie, vous êtes avant tout écrivain, romancier et dramaturge. Quelle est la part du budget accordé à la Culture dans votre pays ?

En général, les ministères de la Culture en Afrique ont toujours eu les budgets les plus faibles. Donc, la Côte d’Ivoire ne déroge pas à la règle. Notre budget est à peu près à moins de 1 %, alors que l’agriculture, la santé, l’éducation sont à 10 % pour certains, voire 15 à 20% pour d’autres au minimum.
Heureusement, nous avons la chance d’avoir le président Alassane Ouattara à la tête du pays. Il est attaché à la Culture et souhaite en faire l’un des piliers de son projet pour l’émergence. Bien sûr, des efforts sont encore à fournir par le gouvernement, les organisations et les sponsorings afin de développer les industries culturelles et créatives en Côte d’Ivoire.
Notons que ce sont souvent les acteurs culturels, qui nous permettent de faire la réconciliation dans les moments difficiles. C’est donc pour ça que nous avons décidé de faire de la Côte d’Ivoire, le pays de la culture. Le pays où les cultures africaines se croisent, en essayant de mettre en valeur les évènements qui existent déjà en Côte d’Ivoire ou d’en créer d’autres pour les secteurs qui sont moins connus.

Que souhaitez-vous que l’on retienne de votre passage au ministère de la Culture ?

Je souhaite que l’on retienne que j’ai été proche des acteurs culturels. Et que je n’ai négligé aucun secteur de la culture. Bref, je suis encore là et il y a tant à faire.

Faustin Dali .

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