Diaspora: Fanta Bayo-Levêque crée l’association « Ensemble pour le Nimba »

Ancienne consultante supplychain, IT et Systèmes d’Information, aujourd’hui entrepreneure indépendante dans le marketing relationnel avec Forever Living Products, Fanta Bayo-Levêque vient de créer son association « Ensemble pour le Nimba », après avoir été membre de nombreuses associations guinéennes en France. Son objectif : venir en aide aux femmes et aux enfants en Guinée.

Comment l’idée vous est venue de créer une association ?

Quand j’étais jeune, j’ai toujours aimé aider les gens à s’émanciper et à prendre leur avenir en main. J’ai rejoint officiellement le milieu associatif en 2010, alors que je m’étais toujours intéressée .C’est seulement en octobre 2015 que j’ai décidé de créer « Ensemble pour le Nimba ».Pourquoi le Nimba ? Parce qu’il y a toute une histoire autour de ce masque originaire de Boké. C’est le symbole de la féminité, de la fertilité et de la Guinée tout simplement. Aujourd’hui, nous sommes une petite équipe de femmes avec 8 bénévoles. Evidemment, les hommes sont les bienvenus. Et, ensemble nous allons pouvoir faire de grandes choses à l’endroit des femmes et des enfants de Guinée.

Quel genre d’aide votre association va apporter aux femmes et aux enfants ?

L’aide que compte apporter l’association « Ensemble pour le Nimba » est collaborative. On entend par collaboratif, une aide partagée, du donnant-donnant. Par exemple, « Ensemble pour Le Nimba » envoie du matériel médical à un médecin en Guinée : de préférence un gynécologue. En retour, ce dernier doit s’engager à soigner gratuitement un bon nombre de patients pendant 2 mois. Un autre exemple, « Ensemble pour Le Nimba » envoie des livres d’enfants ou manuels scolaires à un orphelinat. Les responsables de cette institution
doivent s’engager à mettre en place des séances de lecture gratuites pour des enfants pendant une année scolaire .C’est ce genre d’aide collaborative qui nous différencie des autres associations.

Vous avez organisé une rencontre à Paris, le dimanche 12 mars dernier. Qu’avez-vous décidé ?

L’évènement que nous avons organisé le 12 mars conjointement avec d’autres associations lors de la Journée internationale des droits de la femme, était un hommage au mannequin Katoucha Niane. Il y a eu deux conférences-débats : la première portait sur l’éducation sexuelle des jeunes filles, notamment en Guinée. La deuxième, sur l’excision avec ses dangers et conséquences, tirée de l’œuvre de Katoucha : « Dans ma chair ».La première conférence a été animée par Mme Kadi Camara, artiste designer qui a beaucoup travaillé sur la sensibilisation et l’importance du rôle des parents à éduquer leurs enfants en matière de sexualité dans les quartiers populaires en Guinée. Ceci pour prévenir des viols et des grossesses non désirées .La deuxième conférence a été animée par Dr Aïcha Soumah, Interne en pédiatrie à l’hôpital Necker. Elle est d’origine guinéenne et prépare une thèse sur les mutilations génitales féminines. Elle a éclairé le public sur les différents types de mutilations génitales féminines et a alerté sur les dangers et conséquences de cette pratique. Malheureusement, la Guinée a encore des progrès à faire, car elle est le deuxième pays au monde à pratiquer encore l’excision. En conclusion, tout ceci est une question d’éducation. Il est absolument nécessaire d’éduquer nos populations.

Quel est votre point de vue sur la situation des femmes et des enfants en Guinée ?

Mon point de vue sur la situation des femmes et des enfants en Guinée est simple. Comme dans la plupart des pays, c’est très souvent la femme qui se soucie de veiller à la bonne gestion familiale, économique et sociale du foyer. C’est sur elle que tout repose, et la Guinée n’est pas épargnée. La situation des femmes et des enfants en Guinée est très difficile. Les problèmes récurrents sont évidemment d’ordre économique, social et sanitaire. Pour nous le problème primordial, c’est le manque d’éducation et le très faible taux d’alphabétisation de ces populations .Ce manque d’éducation des femmes et des enfants, d’instruction et de formation professionnelle, conduit à des déséquilibres dans la société guinéenne tels que l’augmentation de la pauvreté et de la précarité ou la non connaissance de leurs droits, voire de la discrimination au niveau du genre. En 2010, sur les 41% de la population alphabétisée en Guinée, 52% sont des hommes contre 30% des femmes.

Quelle serait l’action humanitaire que vous réaliseriez en Guinée ?

Pour le moment, il n’y a pas une action humanitaire en particulier. L’association aide du mieux qu’elle peut. Donc toutes les actions quelles que soient leurs tailles sont importantes. Sachant que pour l’instant, nous n’avons aucune subvention ou aide financière de la part d’organismes. En ce qui me concerne, pour pouvoir aider financièrement l’association, je développe mon activité d’entrepreneure indépendante. Avec le chiffre d’affaire que je réussirai à générer, je pourrai ainsi contribuer au développement de l’association, et faire plus d’actions humanitaires concrètes.

Quels sont les projets à venir de votre association ?

Les projets sont d’ordre collaboratif. Ils continueront toujours. Par exemple, le projet du goût de la lecture pour les enfants de Forécariah (Basse Guinée) avec une nouvelle bibliothèque, puis l’aide à l’émancipation des femmes dans une activité économique comme le fumage de poissons.

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