Tchad : Le départ du ministre Nguéto Tiraina YAMBAYE retient l’attention de l’opinion

Par Mohamed Diallo

Après l’annonce du nouveau gouvernement du 24 décembre 2017 du Premier ministre Albert Pahimi PADACKE, qui a vu le départ de 21 membres du gouvernement, certains regrettent déjà le départ précipité de Ngueto Tiraina YAMBAYE, le désormais ex-ministre de l’Économie et de la Planification du développement. Selon les autorités tchadiennes, le nouveau gouvernement a pour but immédiat de juguler la crise financière que connaît le pays, et surtout de mettre en place la réforme institutionnelle qui permettra au Tchad de se doter d’une nouvelle Constitution.

Pour l’entourage de Monsieur YAMBAYE, ça s’appelle simplement un limogeage.

Sinon, comment comprendre que l’ex-ministre, artisan de la relance et de la mobilisation des ressources extérieures, pour le financement de l’économie du pays ne soit plus dans le nouveau gouvernement. Grâce à l’organisation réussie de la Table ronde de Paris, les 6, 7 et 8 septembre 2017, le ministre YAMBAYE, a fortement contribué à changer positivement l’image du Tchad dans le monde. Il a aussi contribué à convaincre les sceptiques et à faire en sorte que ce pays d’Afrique centrale commence par attirer beaucoup d’investisseurs.

Quant au chef du Front de l’opposition pour une Nouvelle Alternance et le Changement (FONAC), Mahamat Ahmat ALHABO : « Ce n’est pas les membres du gouvernement qui posent problème mais c’est le chef d’État Idriss Itno DEBY. Depuis 27 ans, il est à la tête du pays sans objectif ni Plan ». Au Tchad, c’est une habitude et même une culture de changer de gouvernement façon puzzle. Du point de vue des observateurs, le Tchad est un pays chroniquement instable.

Reconnu comme un Économiste rigoureux et de renommée internationale, cet ancien Administrateur du Fonds Monétaire International (FMI), a su impulser une nouvelle dynamique à l’économie de son pays, en 11 mois de présence, à la tête du ministère dont il avait la charge. Avec une économie dépendante de l’exploitation pétrolière qui représentait 70 % de ses recettes budgétaires, le ministre tchadien YAMBAYE, est allé à Paris du 06 au 08 septembre 2017, initialement pour collecter seulement la somme de 3 milliards d’euros représentant le de financement des actions prioritaires du PND.

‘’Nous voulons donner plus de place au secteur privé au Tchad, car c’est le secteur privé qui doit être le principal créateur de richesses et d’emplois’’, déclarait le ministre YAMBAYE , lors de la Table ronde de Paris, début septembre 2017 où il défendait les efforts engagés par son pays pour relancer son économie. Dès lors, un montant estimé à plus de 20 milliards de dollars de promesses de financement, a été récolté pour financer le Programme quinquennal 2017-2021 du nouveau PND en soutien à la Vision 2030 ‘’ le Tchad que nous voulons’’. Ces annonces représentent quatre fois plus que le montant du recherche pour la mise en œuvre de ce PND.

Toutefois, le ministre avait tenu à rassurer ses partenaires : ‘’Le Tchad reste attaché à ses partenaires traditionnels tels que la Banque africaine de Développement, la Banque mondiale, la BADEA, l’UE, la France, le FMI, etc., mais que le Tchad est également ouvert à tout investisseur non traditionnel, et à tout autre modèle de financement’’. Puis, il avait expliqué : ‘’Outre la stratégie de développement du pays fondée jusqu’ici sur les investissements essentiellement publics, je veux davantage m’appuyer sur les acteurs privés pour inverser la tendance’’.

Cependant. il juge les quelques 300 Projets présentés lors de la Table ronde de Paris sont rentables, donc le Tchad ne devrait pas s’endetter à outre mesure. De plus, l’économie rurale représente 80 % de l’économie du pays en terme du PIB dans le Plan National de Développement 2017-2021, où vivent 80% de la population tchadienne qui ne recevait aucun crédit du système bancaire international et national.

Malgré ses bonnes performances au ministère de l’Économie et de la Planification du développement, les Tchadiens et l’opinion internationale continuent de s’interroger sur les motifs politiques de son départ du gouvernement. Certains observateurs avertis de la vie politique tchadienne, expliquent ce départ à cause de la grande popularité dont jouit ce ministre-technocrate auprès de la population et, qui s’emploie à donner des bons exemples en matière de gestion des affaires publiques dans un pays accusé à tort ou à raison, de promouvoir la mauvaise gouvernance publique et la corruption.

Rappelons que la rédaction du Journal Le Pays de Ndjamena a décerné au ministre Nguéto YAMBAYE, le titre de l’Homme de l’Année 2017, ce serviteur de l’État tchadien, faisant partie d’une nouvelle génération de hauts fonctionnaires qui inspirent le respect et l’administration de tous.

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