RDC : Entretien avec Emery Okundji, ministre des Postes et Télécommunications, des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication lors du Forum de Paris, au centre de conférence de l’OCDE les 2 et 3 octobre 2018.

Par Faustin Dali

Vous êtes le ministre en charge des Nouvelles technologies de l’information et de la communication de la RDC. Et vous venez d’assister à la 2ème édition de la Conférence de Paris sur le thème : remodeler la mondialisation, maîtriser le changement. Selon vous, quelle est l’importance de cette conférence pour la RDC ?
La mondialisation de nos jours, s’articule principalement sur le numérique et les TIC qui demeurent sans conteste le vecteur majeur pour faire de la planète un village, un monde sans barrières ni frontières. La RDC, pays aux dimensions continentales, stratégiquement située au cœur de l’Afrique, avec une population de plus de 80 millions d’habitants et 9 pays voisins doit se mettre sous sa plus belle robe et révéler tous ses atouts pour attirer les investisseurs et être pour le changement et la révolution numérique.

Pensez-vous que le numérique sera un facteur de croissance et de développement pour votre pays, voire l’Afrique qui aura plus de 2 milliards d’habitants en 2050 ?
Faut pas forcément être démographe pour comprendre et se rendre compte que l’Afrique est le continent le plus jeune ayant la population la plus dynamique qui constitue autant une force d’influence, mais aussi un vaste marché pour les entreprises Hi-Tech. Ce sont les jeunes qui sont les premiers consommateurs des produits et services numériques. Ce géant marché est donc un atout pour la création et la diversification des emplois et des richesses. Un véritable vivier pour nos économies sur toutes les échelles.

Quelle est donc la part du numérique dans la politique du développement de la RDC ?
Le numérique occupe une place de choix dans les priorités de notre Gouvernement et, est à ce titre inscrit sur sa feuille de route comme attribution majeure du ministère dont j’ai la lourde tâche de conduire. Nous avons un président de la République très jeune, amateur et consommateur des nouvelles technologies lui-même. Les TIC étant transversales à plusieurs secteurs, le Gouvernement investit massivement pour la vulgarisation des TIC dans la santé publique, l’éducation, la recherche scientifique, l’agriculture, les finances et l’entreprenariat.

Définissez- nous brièvement les moyens mis en œuvre par votre Gouvernement pour attirer les investisseurs étrangers dans votre pays ?
En grandes lignes, les efforts et moyens consentis par le Gouvernement de mon pays pour attirer les investisseurs et les capitaux étrangers se traduisent par :
– Un cadre réglementaire progressiste et évolutif du secteur prenant en compte l’obsolescence technologique, le commerce électronique et la protection des consommateurs ;
– Un code des investissements adaptés favorisant la concurrence et protégeant les capitaux étrangers avec des mesures incitatives comme certaines exemptions des taxes à l’importation des terminaux par exemple ;
– Un déploiement continu des infrastructures de base de transmission comme la fibre optique, socle majeur de nos télécommunications pour atteindre toute notre population et offrir aux opérateurs un cadre optimal pour réaliser leurs affaires.

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