Lumière sur Simon Pascal Alain Handy, initiateur du concept des soirées du ‘’Jeudi de la Paix ‘’

Par Anta Diallo /   

Analyste politique aux Nations Unies et Visiting Scholar at York University Faculty of Politics, Simon Handy, a conçu  les soirées du « Jeudi de la Paix » (Peace Thursdays), à partir de son slogan « Construire la Paix-Déconstruire la Guerre, qui  est un événement de haut niveau visant à promouvoir les efforts de la Consolidation de la paix et de Développement en Afrique. Né au milieu du tumulte de la guerre en République  Centrafricaine (RCA) en 2013, le ‘’ Jeudi de la Paix’’, est un concept du vivre ensemble dans un contexte de fragilité politique et sécuritaire généralisée en Afrique.

Comment vous est-il venu l’idée d’organiser les soirées du «  Jeudi de la Paix  »  ?

L’idée des soirées du ‘’ Jeudi de la Paix ’’ a été conçue à New York lorsque j’étais jeune stagiaire aux Nations Unies,à la fin des années 1990. J’étais en effet l’un des coordonnateurs sociaux d’une promotion de stagiaires de 163 nationalités. La nécessité de maintenir une animation culturelle ainsi qu’une stimulation intellectuelle d’un groupe aussi hétéroclite nous a amené à organiser de nombreuses soirées de réseautage autour du saint breuvage que constitue le vin. Mais en vérité, la vraie patrie des soirées  du « Jeudi de la Paix » est la République Centrafricaine. Face au règne de la terreur et l’absence de sécurité humaine et l’omniprésence de la mort suffocante de non-sens qui planait sur la ville, une réactions’imposait pour redonner du lien à une société délitée. Il fallait en sortir. Le 13 septembre 2013, ma propre villa a été prise d’assaut par les troupes rebelles, et je n’ai eu la vie sauve que grâce aux éléments de la Force sous-régionale FOMAC et certains amis des services secrets sud-africains présents dans la ville. J’ai décidé alors avec certains amis d’opposer à l’extra ordinaire laideur de la guerre une congrégation du beau qui pouvait inciter à l’élévation et l’avènement d’un pays plus stable. Progressivement notre plateforme fédératrice a permis aux gens de ne plus rester cloîtrés chez eux et de défier le règne de la terreur. En effet, dans un pays qui a connu depuis plusieurs années une profonde déstructuration, les ’’ jeudis de la paix ’’, initiative ô combien louable,  permet d’ouvrir un espace d’échanges et de dialogues informels pour participer à remettre du lien dans ce pays qui en a bien besoin et, avouons-le également … résoudre bien des petit set grands soucis du quotidien en mettant simplement des personnalités d’horizons différents en contact et autour d’un puissant élément fédérateur… une dégustation de Millésimes.

Pourriez-vous nous décrire le concept des soirées  les «  Jeudis de la Paix  » ?

Les ‘’ Jeudis de la Paix ’’, est d’abord une rencontre fédératrice et rassembleuse autour du thème de la paix,regroupant des personnes de tous horizons : hommes d’affaires, diplomates,présidence, ministères, organisations féminines, société civile, ONU, intellectuels,etc., afin de créer, sensibiliser et féconder des différents projets au service de la paix. L’ambiance est sobre semi informelle pour que les soirées gardent leur identité.  Mais le clou de cette initiative, c’est l’invité(e) surprise : celle ou celui-ci est systématiquement associé à l’organisation et au déroulement de l’évènement. Pour préserver le caractère informel, il n’est connu que des invités à la dernière minute. Jusqu’à présent, nous avons eu avec nous Faustin Archange Touadéra, président de la RCA, Catherine Samba-Panza, ex- cheffe de l’Etat de la transition,  la n°2 de la MINUSCA,l’Union Européenne, la Cour Pénale Internationale, la maire de Bangui, le Bureau des Opérations de Maintien de la Paix à New York…

Quel message souhaitez-vous véhiculer à travers les « Jeudis de la Paix » ?

Mon but est de créer un espace d’échanges, d’opportunités et de dialogues informels à ces personnalités venus d’horizons différents. Et ce, pour participer à générer davantage de soutien pour les activités de raffermissement de la paix et les défis en matière de développement, accroître le nombre et la diversité des partenaires internationaux, régionaux et locaux. Également, solliciter la participation du secteur privé aux initiatives de paix par la responsabilité sociale des entreprises (RSE), autrement dit, les mesures volontaires prises par une entreprise pour exercer ses activités d’une manière transparente et à saisir les occasions d’affaires dans les environnements difficiles tout en apportant des avantages tangibles à la stabilité et à la consolidation de la paix.

de gauche à droite Sango Ndedi Ndola et Simon Handy à Bangui

Vous travaillez à l’ONU. Est-ce qu’elle vous soutient dans  vos soirées du « Jeudi de la Paix  » ?

Non, absolument pas. Dans certains cas,  des individus nous combattent violemment quand on n’est pas tout simplement vilipendé, dénigré et caricaturé. Mais, c’est une question individuelle qui n’a rien à voir avec les nobles idéaux de notre organisation qui sont une source permanente d’inspiration pour nous. Cependant, l’arrivée de Yolanda Nunes à la communication stratégique nous a fait du bien lors de la soirée du ‘’Jeudi de la Paix’’ In memoriam Kofi Annan, qui a eu lieu le 11 octobre 2018  à Bangui. Elle nous a permis d’inviter l’artiste Pop Sango Ndedi Ndola, venu de Paris pour l’occasion et de faire des émissions à la Radio des Nations Unies (Radio Guira FM).

Vous organisez votre première soirée du « Jeudi de la Paix  »  au Cameroun, le jeudi 22 novembre, à l’hôtel Hilton. Pourquoi avoir choisi le Cameroun ?

L’idée de cette première soirée au Cameroun est venue de compatriotes qui ont participé à nos soirées à Bangui.  Comme vous le savez, le Cameroun se trouve aujourd’hui confronté à un « mille-feuille  » de défis politiques et sécuritaires dans sa partie septentrionale, le Sud-ouest, le Nord-ouest et l’Est :agressions externes et insurrections, irrédentisme politique interne puis exacerbation des rivalités identitaires. Les soirées du « Jeudi de la Paix  » militent essentiellement pour la cohésion sociale, la construction des consensus, le décroisement et l’extinction des antagonismes. Actuellement, nous sommes au Cameroun où nous préparons également avec la complicité de nos amis Maquette Mbow et Sango Ndedi Ndolo,  le lancement de #MYDREAMS4KAMERUN. Nous invitons tous les citoyens d’Afrique et du monde à exprimer sur le web les plus puissants mots d’amour pour le Cameroun sur Twitteret Facebook : #MYDREAMS4KAMERUN ou par courriel : jeudidelapaix@gmail.com jusqu’à jeudi 22 novembre à minuit. Les posts les plus aimés seront diffusés dans les médias de nos partenaires.

Une tournée dans les pays africains est en cours. Pourriez-vous nous en dire davantage ?

L’opération consiste à organiser une soirée  du « Jeudi de la Paix » unique dans tous les pays africains. Nous souhaiterions avec l’appui du secteur privé dans le cadre du RSE le célébrer chaque année.

Avec les entreprises et nos principaux sponsors, nous pourrions lancer ce « Jeudi de la Paix unique Continental » sous la houlette de l’Union Africaine qui réaffirmerait son attachement à la paix avec ce projet. Cependant nous recherchons toujours des partenaires pour la réussite de cette opération. Les prochaines étapes nous conduiront  à Paris au mois de janvier 2019, car nous sommes très attachés à la diaspora africaine, au mini continent qui vie en France. Nous connaissons la force de persuasion de la diaspora africaine dans tous les processus de paix dans les pays africains. Nous souhaiterions avoir le parrainage du Président Emmanuel Macron. Ce serait bien qu’il préside une soirée du « Jeudi de la Paix  ’’ pour l’Afrique eu égard à l’engagement de la France sur le continent africain

Contacts :

 “Jeudis de la Paix -Peace Thursdays”

Téléphone : +236 75980734 (RCA) ou +32487765648

WhatsApp:  +1 929 317 7197 Skype: ahandy23

Email: jeudidelapaix@gmail.com // ahandy2@gmail.com

Pub_Header