Élection présidentielle en RDC : Le Congo aux pieds d’argile, sous l’éclipse du diable au crépuscule de son éclatement.Le Congo aux pieds d’argile, sous l’éclipse du diable au crépuscule de son éclatement

Tribune de : Roger Bongos, journaliste Reporter d’Image.

Le chancelier Bismarck, à la clôture de la conférence de Berlin en février 1885, disait sur le Congo, je cite : « Le nouvel Etat du Congo est destiné à être un de plus importants exécutants de l’œuvre que nous entendons accomplir ».

Et lorsqu’on voit le désastre humanitaire dont ce pays est habitué à offrir à la face du monde comme image, cela démontre comment la communauté internationale est silencieuse, indifférente voire complice de ce qui se trame dans les entrailles de ce pays martyrisé, déshumanisé, et spolié à outrance, clochardisant ses populations au vu et au su de tout le monde, où les projecteurs des médias internationaux, font place dans leur rédaction au phénomène du mort-kilomètres…

Pendant ce temps d’une grande incertitude endémique, le Congo se meurt, plongé dans l’oubli, et l’insouciance de ceux qui prônent dans un engagement moral ferme, le respect des principes moraux, et ceux des droits de l’homme, calqués sur la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 à Paris, qui dans son article 5, tirés parmi ces 30 articles, dit clairement : « Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants »…

Or, depuis des lustres, ce socle de la déclaration universelle a été foulé aux pieds au Congo au regard de multiples rapports commandés par les Nations-Unies, et pondus par des Ongs, telles que, HRW, FIDH, Amnesty International, Global Witness etc…, agissant pour les droits de l’homme, particulièrement pour le cas spécifique de la République démocratique du Congo où il y a plus de 270 Ongs de tout bord, qui ont pignon sur rue, devenant de fait, par le mercantilisme glauque, un conglomérat de la « Charity Business ».

Certaines Ongs tirent leur épingle du jeu, alimentent, et entretiennent par ricochet et par procuration, ces conflits armés où les Nations-Unies déversent, octroient des subventions annuelles qui dépasseraient, la bagatelle de 1,7 milliards U$ par an, pour des missions sur le terrain, adaptation des populations dans des zones hostiles.

Des déplacés de guerre, qui se comptent par des millions d’individus. Dernière estimation du PAM, OCHA, la CICR et HCR, plus de 3 millions de déplacés en intérieur du pays. « Les Congolais sont devenus des exilés dans leur propre pays, comme l’a dit dans son homélie de Noël, l’archevêque de Kinshasa, Frigolin Ambongo Bensundu.

Au crépuscule du génocide rwandais de 1994, un autre génocide oublié s’est mis en branle, où sous prétexte de combattre, de traquer ceux qui ont endeuillé le Rwanda génocidé, les hutus réfugiés au Congo, ont été pourchassés et par extension, les victimes collatérales en masse de cette expédition punitive, la population congolaise, sous le silence assourdissant de la dite communauté bienveillante internationale.

En octobre 2010, les Nations-Unies, publie un rapport qui a secoué le monde, partant des institutions étatiques et non étatiques, qu’un massacre planifié, a été mis en place pour mettre à genou, la RDC, in fine de s’accaparer de ses richesses et des leurs terres, qui deviennent, par ailleurs, une malédiction pour les populations autochtones…

Ce rapport cartographique (au nom du Rapport Mapping), parle de 5,5 millions des vies fauchées avec plus de trois millions de viols. D’ailleurs, ce dit rapport de 500 pages, a été caché dans des tiroirs des Nations Unies. Le 11 novembre dernier à Oslo, en recevant son prix Nobel de la Paix, le Dr. Denis Mukwege a rappelé le Rapport Mapping et a insisté pour l’application de ses résolutions. Il faut dire aussi que ce rapport accable les pays voisins agresseurs de la RDC, ils y sont accusés de génocide contre le peuple congolais pacifique et hospitalier.

Accusés également de déstabilisation de la Nation Congolaise avec la bénédiction et l’appui logistique des multinationales et de ceux qui sont considérés comme des proconsuls des assaillants (pays agresseurs) de la RDC, le régime de Joseph Kabila, qui est illégitime au regard de la constitution, depuis le 19 décembre 2016.

D’après le rapport de Global Witness de 2017, plus de 185 multinationales opèrent en toute illégalité dans l’Est du pays, connues et répertoriées.

Derrière ces visées hégémoniques, il y a un but ultime et expansionniste, la partition de l’Etat-Nation, le Congo. Un conglomérat et agglomérat de Tutsi-Power comploteurs avec leur souteneur, des Etats voyous, des puissants lobbyistes, et multinationales qui agissent derrière cette nébuleuse, afin de piller en toute impunité, les richesses du Congo à la barbe de la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République Démocratique du Congo (Monusco).

Le plus puissant contingent des casques bleus dans le monde avec 21 000 hommes stationnés en RDC et qui assistent sans réaction aux massacres quotidiens de la population.

Que font-ils et quel est leur mandat, et pourquoi laissent-il, les congolais se faire massacrer ?

Elle a pour mission en prenant seulement un aspect sécuritaire : de protection des civils, les priorités sont notamment d’assurer une « protection efficace, dynamique et intégrée » des civils menacés de violences physiques dans le cadre d’une « approche globale », notamment en dissuadant et en empêchant tous les groupes armés et toutes les milices locales de commettre des violences contre la population ou en intervenant pour y mettre fin.

Aujourd’hui cette institution onusienne trimbale des casseroles retentissantes, dans des zones où elle exerce son mandat, commettant de viols sur mineurs, trafic de minerais etc…

Or, depuis l’entrée des pseudo-libérateurs de la RDC, par l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL), le décompte macabre s’élève à plus de 8 millions de morts à la barbe, de cette même armée onusienne d’interposition.
C’est comme si on venait de larguer une bombe sur la Suisse, décimant toute sa population sans que la communauté Internationale s’en émeuve.

Une guerre d’agression de basse intensité sous le regard bienveillante des multitudes bourses des minerais qui font la grosse part de lion de cette tragédie. Sachez que le Coltan qui est extrait en RDC, sert pour les grandes industries de la haute technologie et cette matière on le trouve à 75 % de la production mondiale en RDC…Et le Rwanda est devenu, le premier exportateur, producteur de ce minerais qui je précise n’existe dans le pays de Paul Kagame.

L’homme qui répare les femmes Denis Mukwege, le Prix Nobel de la Paix, dira à Oslo : « avec mon Prix Nobel, personne ne pourra trouver l’excuse pour dire que je ne savais pas » Or, depuis 2008, la résolution 1820 du Conseil de sécurité de l’ONU reconnaît que ces violences « peuvent constituer un crime de guerre, un crime contre l’humanité ou un élément constitutif du crime de génocide ».

Parlant d’élections, une véritable escroquerie contre la démocratie et l’espoir du peuple

Les congolais ont été floués lors des élections en 2006, où Jean-Pierre BEMBA, sortait gagnant, la CEI (Commission Electorale Indépendante) avec Malu Malu, un abbé tricheur, traficotera ces résultats-là. Le gagnant se retrouvera à la CPI avec la complicité de la dite communauté internationale qui ne voulait pas me dit-on, d’un homme averti à la tête du pays. Il en sortira de cette Cour des vainqueurs, brisé, résigné, de surcroît acquitté de ces accusations fallacieuses cousu du fil blanc à son encontre, après une dizaine d’années de détention.

En 2011, avec la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) de Daniel Ngoyi Mulunda, pasteur fraudeur et proche de Joseph Kabila, c’est le bis repitita. Etienne Tshisekedi, sort victorieux, haut la main, de ces dernières élections, et la tricherie sera honteusement observée par les observateurs internationaux, sans surprise aucune, pour mieux essorer le Congo, Kabila sera reconduit, sans difficulté sur son trône avec la complicité de la Belgique, de la France et celle des Etats-Unis…On a pas voulu d’Etienne Tshisekedi, puisqu’il n’était pas assez coopératif et un peu trop radical.

En 2016, le mandat de Joseph Kabila prend fin, et il se maintient au pouvoir par défi, au mépris de l’article 220 de la constitution, en usant avec des gesticulations juridiques sur l’article 70 de la constitution. Comme il détient les finances du pays, il a eu le privilège de mettre quelques figures de l’opposition dans sa poche, et glissera jusqu’à ce jour. Certains opposants des partis historiques ont joué le jeu de la Kabilie (pouvoir en place), en prêtant des béquilles à celui qui était moribond…

Aujourd’hui, l’espoir du peuple congolais est piétiné, jeté aux orties et les prochaines élections ne s’annoncent guère mieux. On s’est vite aperçu, comment la campagne électorale a été émaillée des graves incidents et entraves flagrantes, des certains candidats de battre campagne avec des vies humaines fauchées.

On exclus tout un pan de la population de l’Est du pays, plus 1,2 millions d’électeurs avec des allégations qui font révolter doublement, les victimes de cette farce électorale.

Le prétexte de l’Ebola utilisé par la CENI, serait un coup monté par les caciques du pouvoir, in fine, de priver l’un des leaders de l’opposition de son électorat de plus de 1,2 millions d’individus, qui pourra constituer, la clef de la victoire de ce dernier. La Ceni en privant cette région d’élection, barre le chemin du parlement aux Nandés (vaillants patriotes de l’Est) qui ont droit à 14 sièges.

Je tiens à attirer ici l’attention de la communauté internationale que la République Démocratique du Congo avec ses 454 ethnies, n’a aucun problème tribal, et ce peuple pacifique vit en parfaite harmonie avec les autres groupes ethniques. Ceux qui veulent la partition du Congo, justifient leur massacre, et exhibe honteusement, cet aspect de choses, en soutenant que les massacres perpétrés en RDC seraient tribaux.

La ville de Béni, territoire de Béni, Lubero et de Yumbi, contrées qui paient chaque jour, un lourd tribut avec des millions des morts fauchées par des multiples rebellions en complicité avec les autorités militaires congolaises concoctent un cocktail explosif et tous les ingrédients sont en place, pour l’éclatement de ce pays à la superficie de l’Europe occidentale.

Une zone où, les gens espéraient un véritable changement démocratique. Et lors de la campagne électorale, la population accueillait en liesse, l’un des leaders d’opposition qui n’est pas du tout en odeur de sainteté avec le régime qui défie le peuple et sa souveraineté.

D’après également Global Witness, plus de 85 % des richesses de ce pays sortent en contrebande, grâce également à la complicité des généraux étrangers qui sont à la tête de l’armée congolaise depuis l’entrée de l’AFDL au Congo, où l’actuel ministre de la défense rwandaise, James Kaberebe était chef d’état Major de l’armée congolaise en 1997, sous le régime de Laurent-Désiré Kabila. À cette époque, il était également le mentor de Joseph Kabila qui serait d’origine rwandaise.

Plus de 142 rebellions qui sévissent dans l’Est de la RDC avec celles qui sont instrumentées par les pays voisins, particulièrement le Rwanda et le l’Ouganda qui sont rompus dans la manipulation de la guerre inter-ethnique. Le génocide rwandais ne nous enseigne t-il pas quelque chose ?

Peut-on espérer gagnant ces élections, où le régime en place est en collusion avec la Commission Électorale Nationale Indépendante, où toutes les décisions sont dictées à partir de la ferme présidentielle à Kingakati ?

Tous les grands analystes politiques de la sous-régions s’accordent à dire que Joseph Kabila, jouera le jeu « Poutine-Medvedev », en faisant, la place à son dauphin, Emmanuel Shadary candidat du régime, et 5 années plus tard, il reviendra en force, avec son armée, sa milice (Bana Mura) vouées à sa cause…

Kabila sait pourquoi a-t-il choisi comme dauphin, Emmanuel Shadary, surnommé « le Boucher du Kasaï », l’homme qui a l’épée de Damoclès sur sa tête. Il a été sanctionné en 2017 pour «violation des droits de l’homme», il est impliqué dans l’assassinat de deux experts des Nations-Unies, il serait aussi impliqué, selon l’UE, dans des actes de répression dans le Grand Kasaï. Le Prince de Kingakati aura la possibilité de récupérer le pouvoir dès lors, qu’il sera au perchoir au Sénat après son mandat…

Le congolais est imprévisible, et il a démontré à plusieurs reprises, en chassant les colons belges au Congo, après la grande révolution du 4 janvier 1959, après leur règne sanglant de 75 ans, causant plus de 10 millions des morts avec des mains coupées.

La fin de 17 années de règne maculé de Joseph KABILA, se trouve non, en allant aux élections, puisqu’il a lui même spécifié qu’il partira avec une balle dans la tête, mais dans l’article 64 de la constitution.

Les congolais devraient, faire usage dudit article de la constitution qui leur confère, une légitimité institutionnelle et nul ne peut être reproché de l’avoir appliqué ! Joseph Kabila entouré de ses apparatchiks, la majorité des anciens dinosaures Mobutistes, s’est illicitement et extrêmement enrichi. Il est multi-milliardaire, alors qu’à son arrivée en 1997, au Congo, il n’avait même pas un caillou dans ses poches.

Que dit l’article 64 de la constitution ?

L’article 64 de la constitution stipule: « Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution.»
Cet article libérateur, qui résoudra tout problème inhérent à la confiscation du pouvoir en place, se trouve dans le chapitre 4 de la constitution qui parle des devoirs du citoyen et cela constitue une obligation légale imposée à tous citoyen congolais. Cette disposition constitutionnelle est extraordinairement claire dans sa lecture, et ne contient rien de contradictoire, sur la forme, et encore moins, sur le fond.
Le pouvoir ne se donne pas, mais le pouvoir s’arrache, même au prix du sang !

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