Côte d’Ivoire : Lumière sur Joyce Tapé qui ouvrira la 3ème édition du Yaou 15 Août Festival

C’est une première. A quelques jours de l’ouverture de la 3e édition du Yaou 15 Août Festival qui aura lieu du 14 au 15 août où sont attendus : Claire Bahi, Kerozen DJ, Ismael Isaac, Vendom DJ, Abou Nidal, etc., Joyce Tapé, artiste internationale de Blues et de Jazz qui ouvrira cette édition a bien volontiers répondu aux questions de Neoafricanews.

Elisée Charles Gonçalvès

Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis Joyce Tapé, artiste auteur-compositeur-interprète et bassiste. Je fais du Blues africain. Il l’a toujours été d’ailleurs. Et je suis également très engagé pour le jeune public pour qui d’ailleurs je fais de la musique. Il faut ouvrir les yeux de nos jeunes gens sur les maux qui miment nos sociétés.

Vous êtes annoncée pour l’ouverture de la 3ème édition du Yaou 15 Août Festival. A quoi vos fans, vos mélomanes et ceux qui vous découvrent pour la première fois devront s’attendre ?
C’est la première fois que j’y participe à l’invitation de Joseph Anjou (le promoteur du festival, ndlr) qui est quelqu’un d’extraordinaire avec qui j’ai eu une superbe collaboration. J’ai accepté parce que ce festival a une histoire. En effet, il aura lieu dans un village où il y a deux rois. Et, qui dit deux autorités évoque des divisions de la jeunesse, du peuple. Et j’espère que ce festival permettra le retour de l’unité des enfants dans ce village de Yaou. J’ai été invitée en tant qu’artiste engagée pour délivrer des messages de paix. Je dirai au public ce que j’ai toujours dit. Il faut avancer la main dans la main parce qu’on est toujours les mêmes. Qu’on soit du Sud, du Nord, de l’Ouest ou de l’Est. En réfléchissant, on se rend compte qu’on vient tous du même endroit à plus forte raison dans un village. En résumé, je rappellerai que l’essentiel de la vie c’est l’humain. S’aimer les uns les autres, et avoir une vision de l’avenir ensemble. Aujourd’hui, il y a des défis plus grands que nous devons relever plutôt que de rester dans les petites tirailleries internes. Ce sont les raisons pour lesquelles j’ai accepté d’être programmée sur scène pour l’ouverture du festival, et aussi d’y revenir dans la soirée.

Un mot sur votre collaboration avec les artistes nationaux et les tournées dans les écoles pour initier la jeunesse à l’art…
Je suis la plupart du temps présente dans les écoles en Europe. En Afrique, je suis présente au Mali et aussi au Maroc. Un jour, j’ai été interpellée sur mon engagement pour la Côte d’Ivoire, mon pays. J’avais décidé d’y faire des choses, et finalement par une très belle rencontre- benlokadi qui signifie en bambara c’est la rencontre qui rend l’amitié possible, extraordinaire -, j’ai rencontré les jeksi band, trois sacrés musiciens très talentueux qui font du jazz ivoirien. On a collaboré sur un festival organisé par l’association ‘’benkadi’’ qui s’occupe de moi ici en Côte d’Ivoire. Revenue en février 2018 pour des écoles à Attécoubé (commune voisine de Yopougon, ndlr), on a profité pour enregistrer des titres pour mon album qui est en cours d’enregistrement. Il y en a plein d’autres qui sont invités. Je serai avec eux le 14 Août prochain à Yaou pour le festival. Mais aussi pour les tournées en Europe ou ailleurs qui suivront la sortie de cet album. Ils constituent pour moi la relève. Je leur apprends beaucoup de chose en matière de musique et ils m’en apprennent également. Ils sont pour moi une fierté.

Quels sont vos autres projets ?
D’autres artistes sont invités notamment un célèbre américain dont je tais le nom. Nos équipes respectives (tourneurs, managers, maisons de production …) sont en train de ficeler les derniers détails de cette collaboration. Pour l’Afrique, l’artiste pressenti pour cette collaboration est Vieux Farka Touré, le fils d’Ali Farka Touré qui n’est plus à présenter dans le milieu. Une fois l’enregistrement terminé, je continue mes tournées dans les écoles pour le jeune public avec le projet « Parcours Blues », grandir avec « la musique au chant chanté » en Europe, et puis inviter de grands acteurs engagés dans la musique Blues en Europe ou en France comme Michel Roland au festival Blues Passion de Cognac en Afrique. Pour moi, c’est un but énorme parce qu’il soutient ce que je fais. Je suis également soutenue dans ma région d’origine en Côte d’Ivoire. Autres choses, je continuerai de m’occuper des enfants que j’y rencontrerai parce que je sais d’où je viens, et mes enfants sont déjà en sécurité. A ce sujet, il faut savoir que tout le monde peut tomber, faire des bêtises. Mais si ça arrive tu dois te relever. Néanmoins nous devons donner espoir à la jeunesse. C’est fondamental tout comme l’amitié. Enfin, je dois me rendre aux Etats-Unis d’Amérique pour échanger avec les musiciens américains en tant qu’Africaine très engagée, impliquée, enracinée dans sa culture.

A quand les prochaines éditions de votre festival aussi bien en Côte d’Ivoire qu’en France ? Et comment les choses se passeront ?

On se bagarre toujours, parce que comme vous le savez quand dans un pays l’économie qui flanche dans un pays, dans un état ou dans un secteur, c’est la culture qu’on plombe en premier. Donc on se bagarre dans ce sens. Mais la première édition a eu lieu en 2017 dans mon village à Hermankono-Garo à Divo qui s’appelle Dongrien Blues. Pour l’édition de 2020, on lance un appel à toutes les bonnes volontés de ma région en Côte d’Ivoire à soutenir ce festival. Pour rappel, la première édition française de ce festival n’a pas encore eu lieu alors que les éditions ivoiriennes se poursuivent. L’organisation de ce festival permet aux enfants d’avoir accès à la culture parce qu’elle ouvre la porte à l’éducation. Comme Victor Hugo, nous pensons que fermer les portes d’une prison c’est une école qui s’ouvre. Donc il faut soutenir la cause des artistes qui ont des projets pour le peuple ou pour l’avenir en investissant.

Quel est votre dernier mot ?
Je suis très heureuse d’être accueillie et de voir la proximité des uns et des autres. Je suis très contente de passer ce bout de temps avec vous, notamment à l’occasion de cette invitation au 15 Août Yaou Festival. Je donne rendez-vous à toute la Côte d’Ivoire pour pouvoir échanger, être ensemble, entrer en transe…

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