You are here
News Société 

France : l’événementiel afro, un vrai business !

Les mariages et autres célébrations communautaires ne recèlent plus de secrets aux yeux des principaux organisateurs des différents événements. Et la diaspora tire son épingle du jeu dans ce secteur à l’instar de François et Natacha Boni Tié-Bi.

Par Rudy Casbi (La Nouvelle Afrique)

« Cela fait 17 ans que nous travaillons dans l’événementiel. Ce qui était une activité secondaire prend de l’ampleur et devient une source de revenus importante », disent-ils. Il faut dire que François et Natacha Boni Tié-Bi, ne manquent pas d’expériences en la matière. « J’ai commencé l’animation des soirées à 16-17 ans en Côte d’Ivoire dans les boîtes de nuit à proximité de la rue Princesse », détaille François Boni. Et de continuer : « Je gagnais des cachets pouvant aller à 100 000 francs CFA si la soirée était une réussite. Puis quand je suis arrivé en France, je me suis mis en relation avec les organisateurs des soirées afro-caraïbéennes en surfant sur la vague du Coupé-décalé. »

S’il ne dévoile pas le montant de son chiffre d’affaires, il assure tout de même qu’il dépasse toutes ses espérances. « Nous assurons quatre prestations par semaine mais nous devons sans cesse nous adapter. Cela nous amène à en réaliser aussi durant la semaine ». Si l’agenda de François et Natacha Boni Tié-Bi est plein pour le week-end, certaines structures n’hésitent pas à proposer leurs services en semaine. Selon certaines sources concordantes, la part de marché du secteur de l’événementiel au sein de la diaspora africaine de France s’élève à 2 millions d’euros.

« Chaque année, notre carnet de commandes ne désemplit pas. Il y a quelques années, nous étions sollicités pour les mariages auprès de jeunes actifs », indique ce couple d’entrepreneurs. Et de poursuivre : « Mais aujourd’hui, nous nous diversifions en animant des soirées thématiques comme celles de la ‘’ Cour des Grands’’ organisées par Mariette Macha Rim qui rassemble entre 3 000 et 8 000 personnes à chaque gala ou ‘’ Miss Maman Côte d’Ivoire’’. Cette diversification est devenue incontournable en raison de la multiplication du nombre d’acteurs pour ce marché très convoité. La plupart d’entre eux agissant sous le statut d’auto-entrepreneurs.

Les afro-européens font vivre le marché de l’événementiel

Selon une étude du cabinet Xerfi, le marché de l’événementiel en France pèse près de cinq milliards d’euros. S’il est impossible de quantifier exactement la part qu’occupent les diasporas africaines dans ce marché, il n’en demeure pas moins qu’elles sont très actives dans ce secteur. « Les soirées de gala et les mariages et les festivals sont les principaux événements pour lesquels les clients font appel à nos services. Nous opérons auprès de communautés diverses et variées même si les demandes provenant du public afro sont les plus importantes au regard de notre carnet de commandes », expliquent François et Natacha Boni Tié-Bi.

L’émergence de cette tendance est particulièrement visible dans les arrondissements situés au nord de Paris avec la multiplication de boutiques spécialisées sur les tenues vestimentaires pour les mariages et autres soirées. Mais au-delà des célébrations privées ou familiales, c’est l’ensemble du secteur de l’événementiel en France qui s’est emparé de certains éléments liés aux cultures panafricaines. « Nous nous chargeons aussi d’animer les soirées pour les barbecues. Et nous travaillons pour un public divers et varié. Mais nous constatons que certains éléments de notre culture sont désormais omniprésents comme le jus d’hibiscus ou de bissap qu’on retrouve même dans les grandes surfaces. On les consomme durant tout type d’événements », explique-t-elle. Avant de conclure : « C’est un signe des temps qui changent et une confirmation de l’émergence d’une nouvelle tendance qui ne sera pas qu’un simple effet de mode ». Autant dire qu’ils inscrivent clairement leurs ambitions dans une politique de long terme.

Related posts