France : La Petite Crépue fait son chemin…

Les entrepreneurs de la communauté afro-caribéenne de France n’hésitent pas à montrer leurs talents. Ainsi ils contribuent par ricochet, autant à l’essor de leur communauté qu’à celui du continent africain. C’est le cas de Béatrice Lama Mirval, qui a fondé La Petite Crépue, une entreprise spécialisée dans le secteur du capillaire. Portrait.

Par Ousmane Gueye (La Nouvelle Afrique)

Entrepreneure dans l’âme, Béatrice Lama Mirval, n’a jamais douté un seul instant de sa vocation. Sa principale force réside dans son caractère : « Je ne voulais pas être montrée du doigt parce que je suis noire mais plutôt parce que je suis meilleure que les autres », explique-t-elle. Aujourd’hui devenue docteur agrégée en chimie, elle poursuit sa voie qui se tourne désormais progressivement vers l’entrepreneuriat. C’est avec l’ambition qui la caractérise qu’elle réussit pas à pas à prendre ses marques dans l’univers de la cosmétique et du capillaire.

Avec le succès de sa marque d’accessoires, Béatrice Lama, qui enseigne la chimie à
l’université en région parisienne, n’hésite pas d’ailleurs à parler de « revanche sociale ». C’est dans cette logique qu’elle a poursuivi son ascension en lançant dans la foulée son entreprise de cosmétiques. Créée en 2008, La Petite Crépue s’est donnée pour objectif de développer des accessoires pour les cheveux frisés, bouclés et crépus. Ce projet lui a été inspiré par sa propre histoire.

A la naissance de ses triplées, Béatrice Lama Mirval, soucieuse de protéger les cheveux de ses jolies princesses pour qu’ils ne se « cassent » pas, fait le tour des magasins sans jamais arriver à trouver des bonnets en satin. C’est alors qu’elle se remet à la couture. Le carnet de commandes s’est alors rapidement rempli, et le bouche-à-oreille n’a pas tardé à produire le reste.

Cap sur le Mali puis la Côte d’Ivoire

Seulement, sans site Internet ni automatisation des ventes, le travail commence à peser. Et, elle y trouve une parade très rapidement en mettant en place sa propre plateforme en ligne. « Aujourd’hui, La Petite Crépue est connue en Belgique, en France, en Suisse et au Canada », indique-t-elle. Puis elle poursuit : « Désormais, j’aimerais me tourner vers le continent africain ».

Bien qu’elle n’ait qu’une connaissance relativement sommaire du continent africain, c’est pourtant vers ces terres qu’elle souhaite désormais étendre son business. « C’est une vraie dynamique pour moi de travailler avec l’Afrique, parce que de toute façon les matières premières viennent de là. Et pour moi c’est important, pas seulement de prendre les matières premières mais aussi de vendre un produit fini en Afrique ».

Au-delà du Mali, la fondatrice de La Petite Crépue vise désormais la Côte d’Ivoire. Un objectif à sa portée d’autant plus que la marque convainc énormément, auréolée de ses avantages sur d’autres : un bonnet avec lequel on peut dormir, aller sous la douche et même faire ses soins. ‘’ Se challenger ‘’ tous les matins, voilà ce qui fait vivre cette femme d’affaires pour le développement de son business.

Michelle Obama inspire

La Guadeloupéenne, lectrice assidue de Michelle Obama, souhaite à sa manière contribuer au bien-être des femmes toutes origines confondues. « Dans le cadre de mes affaires commerciales, je souhaite m’adresser à toutes celles et tous ceux qui sont dans le besoin, et qui désirent consommer mes produits. Je ne me focalise pas uniquement sur un public afro », affirme-t-elle.

Grâce à la vente sur Internet et lors d’événements, la Française qui fait les navettes entre Paris et sa province multiplie les initiatives pour développer sa marque avec le soutien de sa famille. C’est un soutien indispensable pour cette employée qui souhaite devenir à terme un entrepreneur à temps plein. Ainsi pour mieux soutenir sa croissance, La Petite Crépue ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

Et, ce n’est pas un hasard si l’entreprise a été présente lors du dernier Festival de l’Afro descendance qui a eu lieu du 13 au 15 septembre 2019, à Paris. Et c’est également avec ce même état d’esprit qu’elle prendra part au Madras Day, le 2 novembre prochain. Innover et saisir les opportunités pour sortir de sa zone de confort, c’est le défi que relève cette mère et entrepreneure de trois enfants.

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