Sénégal : La situation de Karim Wade divise le gouvernement

Karim Wade installe la cacophonie au sommet de l’Etat sénégalais. En cause : des propos d’une possible réhabilitation du fils d’Abdoulaye Wade attribués à la délégation du gouvernement qui s’est rendue à Genève en Suisse, à l’occasion de la réunion du Comité des Droits de l’homme. Propos vite démentis par le ministère des Affaires étrangères via un communiqué.

Aly Fall

Karim Wade est sans doute l’absent le plus présent au Sénégal. Depuis son exil doré au Qatar à la faveur d’une grâce présidentielle en 2016, l’ombre du fils d’Abdoulaye Wade plane toujours sur l’échiquier politique du pays. Après le rejet de sa candidature pour des raisons liées à sa condamnation en 2013, Karim Wade revient au-devant de la scène. Et ce à l’occasion de la réunion du Comité des droits de l’homme, tenue la semaine dernière à Genève. En effet, le Comité a suggéré à la délégation sénégalaise venue présenter l’état des Droits de l’homme au Sénégal de revoir et si possible de rouvrir le procès de Karim Wade, condamné en 2013 pour le délit d’enrichissement illicite de près de 138 milliards de francs CFA, avant d’être gracié trois ans plus tard.

Seulement, c’est la réponse du chef de la délégation sénégalaise qui indispose le gouvernement. Car Moustapha Kâ, directeur des Droits humains de son état a en effet estimé que l’Etat sénégalais pouvait même envisager une indemnisation de Karim Wade. Des propos qui sonnent comme une ‘’trahison’’ contre l’Etat du Sénégal, qui a aussitôt publié un communiqué de presse, via le ministère des Affaires étrangères : « Il n’a été nullement question de réhabilitation lors de l’examen du cinquième rapport du Sénégal devant le Comité des droits de l’homme des Nations-Unies. Il s’agirait plutôt d’un dialogue interactif au cours duquel un des experts du Comité a demandé à la délégation sénégalaise de fournir des informations sur l’état de mise en œuvre des constations de cet organe au sujet de l’affaire Karim Wade ». Ce qui n’a pas empêché les avocats de Karim Wade de s’engouffrer dans la brèche, pour vouer une fois de plus, aux gémonies la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), qui a condamné le fils d’Abdoulaye Wade. Avant de demander dans la foulée de rouvrir le procès de leur client qui a perdu tous ses droits civiques, et qui vit en exil au Qatar.

Dès lors, le directeur des Droits humains est convoqué ce lundi 21 octobre par sa hiérarchie, le ministère de la Justice, pour des explications. Le magistrat devra s’expliquer sur ses motivations qui l’ont conduit à affirmer « l’engagement de l’Etat à réhabiliter Karim Wade après son procès devant la CREI ».

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