Sénégal : les femmes prennent le pouvoir

Le président Macky Sall croit au leadership des femmes. En plus du respect de la loi sur la parité au niveau des postes totalement ou partiellement électifs, il a confié la présidence de deux institutions de la République à des femmes à la trajectoire politique plus qu’honorable. Mieux encore, Sall a désigné la semaine dernière, une ancienne cacique du Parti socialiste, au poste d’Envoyée spéciale du chef de l’Etat, perçu par certains, comme un «Premier ministre officieux».

Par Aly FALL

On ne peut pas parler d’histoire politique au Sénégal, sans faire mention du rôle important des femmes dans le milieu. De 1945, année pendant laquelle, leur droit de vote a été reconnu, en 1960 année de l’indépendance jusqu’aujourd’hui, leur «quota» au plus haut niveau de décisions ne cesse de croître. Cette volonté de faire participer la femme à la vie politique du pays a été couronnée en 2001, par la nomination par Abdoulaye Wade, d’une technocrate au poste de Premier ministre.

En 2010, la parité absolue homme-femme a été instituée dans toutes les institutions totalement ou partiellement électives. Cette loi confère au Sénégal, le statut de défenseur de la cause de la femme, à l’image du Rwanda de Paul Kagamé, reconnu champion dans ce domaine en Afrique.

Et depuis 2012, cette ascension continue, au point de faire de Macky Sall, le chef d’Etat, le plus entouré de femmes au Sénégal. En effet, il a fait de Madame Aminata Touré, le deuxième Premier ministre femme du Sénégal de 2013 à 2014. Puis de 2015 à 2019, Envoyée spéciale du Chef de l’Etat, avant de la nommer aujourd’hui, au poste de Présidente du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE), la troisième institution du pays après la Présidence de la République et l’Assemblée Nationale.

S’en suit le Haut Conseil des collectivités territoriales (HCCT), également dirigé, depuis dix jours maintenant, par une femme en l’occurrence Aminata Mbengue Ndiaye, qui fut Ministre du temps de Abdou Diouf (1981 – 2000), puis députée du temps de Abdoulaye Wade (2000 – 2012) et jusqu’encore récemment, Ministre depuis l’arrivée du président Sall au pouvoir en 2012.

Deux Aminata et une Aïssata à la Présidentielle de 2024 ?

En nommant également Me Aïssata Tall Sall au poste de Chargée de missions, le jeudi 07 novembre dernier, le chef de l’Etat a réaffirmé son admiration et surtout sa confiance sans limite aux dames. Ce poste est jugé très stratégique et considéré même par certains observateurs à tort ou à raison, comme un «Premier ministre» officieux, après la suppression du poste de Premier ministre de la nomenclature des institutions de la République, en avril 2019.

Ces trois dames à la trajectoire politique plus qu’honorable sont perçues aujourd’hui, comme de potentielles candidates à la Présidentielle de 2024. Elles ont toutes, la particularité d’être à la tête de chapelle politique, à l’exception de Madame Aminata Touré, qui est néanmoins l’une des membres fondateurs de l’Alliance pour la République (APR), du président Sall.

Pour certains observateurs politiques, Aminata Touré est plus que légitime pour succéder Macky Sall à la tête de l’APR en perspective de l’élection présidentielle de 2024. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne fait rien, pour passer inaperçue, en ce moment. Elle attire les projecteurs sur elle, médiatisant la moindre de ses activités, provoquant ainsi l’inévitable débat sur le dauphin du président Sall, au sein du parti.

Aminata Mbengue Ndiaye elle, a été désignée patronne du mythique Parti sociale (PS) suite au décès de Ousmane Tanor Dieng, lui-même choisi comme dauphin, par Abdou Diouf, avant la Présidentielle de 2000. Elle occupe de façon provisoire, la tête du PS, mais tout porte à croire qu’elle sera confirmée et au cas échéant, pourrait être candidate en 2024.

Aïssata Tall Sall avait annoncé sa candidature en 2019 sous la bannière de «Osez l’Avenir», avant de la retirer au profit de Macky Sall. Ancienne cacique du PS d’où elle a été chassée, elle n’a jamais caché son ambition de diriger le Sénégal un jour. D’aucuns estiment même que sa nomination comme Chargée de missions du Chef de l’Etat la préparerait comme potentielle candidate en 2024. Mais la question aujourd’hui, est de savoir sous quelle bannière, elle demanderait le suffrage des Sénégalais, le moment venu ?

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