Mali : Mohamed Diawara, Président de l’Organisation des professionnels du numérique

« On a lancé le projet Open Academy, pour insérer 200 jeunes dans nos filières »

Mohamed Diawara, est le Directeur général de ‘’Général Computech’’, une société malienne spécialisée dans le numérique. Il est également le Président de l’Organisation des professionnels du numérique du Mali. C’est à ce titre qu’il parle de l’employabilité numérique qui, à son avis, est l’épine dorsale de la transformation digitale en Afrique.

Par Aly Fall

Il a été question de la transformation digitale en Afrique, dans le cadre des MEDays 2019. Pouvez-vous nous en dire plus ?

On a débattu sur la transformation digitale en Afrique, pour voir comment on peut amorcer une dynamique de chaîne de valeur numérique et industrielle dans le continent. Il y a des enjeux qui concernent la transformation digitale de nos administrations publiques, dans le cadre de la lutte contre la corruption et autres, mais aussi l’avenir de la jeunesse. Comme vous avez bien suivi, le capital humain est la clef de ce projet. L’enjeu est aujourd’hui : comment impliquer la jeunesse locale, pour créer une chaîne de valeur ? Il faut former les jeunes, prendre en charge les projets pour qu’il y’ait aussi une continuité. Pour le cas du Mali, ce projet nous permet de combattre l’enrôlement des jeunes dans le djihadisme, mais également le chômage, qui est la plus grande menace de nos Etats aujourd’hui.

Concrètement au Mali, qu’est-ce que votre organisation propose comme solution aux jeunes ?

Au Mali, on a lancé un projet qui s’appelle ‘’Open Academy’’, qui répond à un triptyque de l’employabilité, de l’entreprenariat et de l’intraprenariat, qui n’est pas assez connu dans nos environnements. L’objectif de ce programme c’est d’insérer à court terme, deux cents jeunes sur des différentes filières : développement d’applications, communication digitale et infrastructures numériques. Aujourd’hui, il y a énormément de chantiers dans les infrastructures numériques, pour interconnecter le pays et aussi réussir la transition vers le numérique.

Mais si nous n’anticipons pas pour orienter ces jeunes sur ces différentes filières, ce serait un manque à gagner terrible pour nous. Heureusement que l’Etat a donné son accord sur un certain nombre de projets de dématérialisation du service public, dans le cadre du partenariat public-privé. Parce que l’offre n’émane pas seulement de l’Etat, mais aussi des grandes industries du Mali qui ont, elles aussi, accepté de se prêter à ce jeu, pour qu’on brise un peu, au niveau de l’entreprenariat, le cercle vicieux du manque d’expérience des jeunes. Voilà en quelques mots, ce qu’on a comme projet au Mali et qui s’étend de Bamako à Kidal. L’idée est de les insérer rapidement dans ces filières pour qu’ils ne soient pas exposés à l’enrôlement dans les groupes djihadistes.

Pensez-vous que le digital est un moyen d’éviter aux jeunes Maliens, les tentations du terrorisme ?

Il y a non seulement la tentation du terrorisme, mais également celle de l’émigration clandestine par la mer. Parce qu’un jeune désœuvré qui n’a aucune opportunité de travail reste à mon avis, une menace pour un Etat. L’exemple de ‘’Open Academy’’ est assez révélateur, parce qu’on a vu tout de suite l’engouement des jeunes. D’ailleurs, il est prévu une caravane nationale au mois de décembre prochain, de Bamako jusqu’à Kidal, pour encourager les jeunes à postuler à partir d’une plateforme en ligne et à identifier les filières qui pourraient les intéresser, en fonction de leur profil.

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