MINUSMA : Macky Sall et Ould Ghazouani fâchent l’ONU

Les Présidents du Sénégal et de la Mauritanie ont profité du Forum sur la paix et la sécurité, lundi à Dakar, pour tancer l’ONU qui, à leurs avis, gagnerait à se réformer pour permettre aux forces onusiennes déployées sur des théâtres d’opération comme le Mali, d’avoir un « mandat renforcé », pour mieux faire face aux Jihadistes. Des propos jugés superflus par des fonctionnaires de l’ONU, qui estiment que la Charte des Nations unies a déjà réglé le problème soulevé par les deux chefs d’Etat.

Par Aly Fall

Macky Sall n’a pas été tendre avec l’ONU à l’occasion du Forum de Dakar sur la Paix et la sécurité. Il s’est, en effet interrogé sur l’incapacité des trente mille hommes (forces maliennes et onusiennes) à venir à bout de l’avancée des Jihadistes dans le Sahel. Pour lui, l’ONU gagnerait à se réformer pour permettre aux forces onusiennes déployées sur des théâtres d’opération comme le Mali, d’avoir un « mandat renforcé » pour mieux faire face aux Jihadistes. Une position soutenue par son homologue mauritanien, qui indique que l’ONU doit faire sa propre mue pour évoluer selon les exigences du terrain et non les desiderata des puissances mondiales comme les USA et la Russie.

Ces propos sonnent comme une attaque frontale pour certains fonctionnaires de l’ONU qui se sont confiés à la correspondante de RFI à New – York. Celle-ci rapporte que, dans la charte de l’ONU, le contre-terrorisme n’est en aucun cas l’objet d’une mission de maintien de la paix. Les interlocuteurs de la journaliste estiment que, élargir le mandat de la MINUSMA serait un saut conceptuel que ne seraient pas prêtes à faire ni la Chine, ni la Russie très soucieuses de conserver les limites du champ d’action des Nations unies.

A l’ONU, rapporte encore la correspondante de RFI on se demande aussi s’il était nécessaire pour les deux chefs d’Etat d’aller aussi loin sur cette question. Car l’opération Barkhane et la force conjointe du G5 Sahel sont justement toutes deux mandatées pour effectuer ces missions spéciales, c’est-à-dire débusquer et traquer les terroristes. Les interlocuteurs de la journaliste ajoutent que les compétences en matière de renseignement, de coordination aux frontières ne sont pas celles auxquelles les casques bleus sont formés.

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