Côte d’Ivoire : Isabelle Kassi Fofana présente le programme du Prix Ivoire 2019


« Les enfants doivent s’intéresser davantage à la lecture »
A l’occasion de la douzième édition du prix ivoire, la directrice de l’association Akwaba Culture, Isabelle Kassi Fofana, présente le programme d’activités. Elle annonce les récompenses que recevront les lauréats. Mais également, elle rappelle l’importance du livre pour la société en général, et la jeunesse en particulier.

Elisée Charles Gonçalvès

Pouvez-vous nous présenter le prix ivoire ?
Le prix ivoire pour la littérature africaine d’expression francophone, qui est à sa douzième édition aura lieu du 20 au 23 novembre 2019. C’est un prix littéraire qui vise à promouvoir les belles lettres africaines francophones à partir du continent. Et, à la faveur du prix ivoire vous avez toujours un invité ou un pays à l’honneur.
Quels seront donc le pays et l’auteur à l’honneur ?
Cette année, c’est le Maroc qui est à l’honneur, avec son immense auteur Ahmed Boukouss. Il est le Président de l’Institut royal de la culture amazighe à Rabat. Il est également lauréat du prix Grand Atlas 2019. Cette année le prix ivoire aura plusieurs temps forts.

Quels seront les temps forts ?
Le 19 novembre, à partir de 16h, au ministère de la Culture et de la Francophonie aura lieu une rencontre entre les professionnels du livre ivoirien. L’ambassade du Maroc viendra présenter toutes les opportunités du livre au Royaume chérifien en termes de choix, de maisons d’édition, de distribution du livre… Et le 20 novembre, nous allons démarrer nos activités par la remise des prix du concours littéraire des écoles. C’est une activité qui inclut la participation d’une bonne cinquantaine d’écoles en Côte d’Ivoire ayant des programmes national et international. Tout partira du lycée Sainte Marie d’Abidjan à14h pour l’Institut français d’Abidjan, où nous irons à la découverte d’Ahmed Boukouss, lauréat d’un très grand prix littéraire organisé au Maroc.

Ce sera en compagnie de Koffi Koffi, l’animateur de ‘’Point de lecture’’. Ensuite, le 22 novembre au Sitfor derrière le lycée classique d’Abidjan, nous aurons la grande dictée de l’association Akwaba Culture. Elle a pour objectif de faire en sorte que les acteurs du livre, les amoureux du livre et tous ceux qui s’y intéressent comme les artistes et les peintres soient les bienvenus à la dictée. Enfin, le samedi 23 novembre au Golf Hôtel nous aurons le gala de remise du prix ivoire, qui est également un gala spectacle, à partir de 19h. Notons que cette 12ème édition sera aussi un hommage à Bernard B. Dadié, dont quelques œuvres seront revisitées.

Avez-vous une idée des prix à gagner ?
A la clé de cette dictée, c’est un billet d’avion Abidjan-Maroc-Abidjan. En dehors du billet d’avion, il y aura de nombreux lots à gagner. On organise cette dictée pour permettre aux uns et aux autres d’affiner et de peaufiner leur écriture. C’est un peu plus qu’un jeu. Puisqu’on convoque toutes ces personnes pour tirer la sonnette d’alarme afin de leur dire que l’orthographe est massacrée. C’est une dictée qui va se dérouler de façon simple. Il n’y aura pas de noms sur les copies. Que personne n’ait donc peur d’y participer. Juste des numéros qui correspondent à des noms. Comme ça, si vous avez fait beaucoup de fautes personne n’en saura rien. Notons que le lauréat de la dictée sera connu immédiatement.

Les prix d’Akwaba Culture dans la bataille pour l’alphabétisation des enfants et des personnes défavorisées en Côte d’Ivoire, ont-ils un apport ?
Akwaba Culture, à travers ce programme met en lumière des auteurs talentueux du continent, édités en Côte d’Ivoire, en Afrique ou à l’extérieur du continent. Pourvu que ce soit des œuvres éditées dans l’espace francophone. Notre association permet de célébrer et de mettre en exergue la Côte d’Ivoire du livre. Le prix ivoire contribue, à travers son palmarès, à la renommée de l’auteur qui rejaillit sur la maison d’édition. Mais également tous les autres prix littéraires, et même le Grand prix littéraire d’Afrique Noire attendent le prix ivoire pour que le ou les vainqueurs soient parmi les lauréats d’un autre prix ou qu’ils le remportent carrément.
Nous participons donc à la découverte de talents africains. C’est dire que ce qu’on fait, sert à la découverte, à la construction de la carrière internationale d’un auteur. En dehors de cela, on a compris qu’il fallait que nos enfants profitent de cette belle dynamique que nous créons à la faveur du prix ivoire. Nous avons donc créé un prix ivoiro-ivoirien qui valorise les auteurs ivoiriens de moins de 35 ans. Parce que nous avons des auteurs talentueux qui ont besoin d’un peu d’encouragement pour éclore. Nous les détectons avec le prix horizon qui a une valeur de 500 000 francs CFA. Par contre, le prix ivoire a une valeur de 2000 000 de francs CFA. Et enfin, nous organisons un concours littéraire dans les écoles pour que les enfants et les jeunes s’intéressent davantage au livre et à la lecture.

Quel est votre mot de fin ?
Aux amis du livre, je demande de prendre part à la grand’messe du livre qui se tiendra bientôt en Côte d’Ivoire. Le prix ivoire est de renommée internationale. Certes, il fait la fierté d’Akwaba Culture mais aussi des professionnels du livre, des écrivains et même de la Côte d’Ivoire. Il montre qu’il y a une belle dynamique autour du livre. Il n’y a pas que la musique, que la mode… La promotion du livre est une valeur à encourager. Et de fait, je remercie tous les sponsors qui ont voulu nous accompagner. Ça a été très difficile.
Ça n’a pas été évident cette année. Vous savez, quand il y a une récession économique, le parent pauvre c’est la culture, et ce qui notamment ne draine pas trop de monde. En l’occurrence le livre. Et ça a été pénible d’organiser cette 12ème édition. C’est l’occasion de dire aux mécènes et à ceux pour qui le livre compte, de ne pas hésiter à nous aider à promouvoir le livre. C’est important parce que toutes les sociétés qui se sont développées l’ont fait avec le livre, avec la connaissance intellectuelle. Et ça, on ne peut pas nous l’offrir sur un plateau d’argent. Nous devons nous l’approprier.

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