Le Pdci-Rda lance sa plateforme de partis d’opposition

Henri Konan Bédié, président du Pdci-Rda, a lancé sa plateforme de partis politiques d’opposition. L’ex-président ivoirien a saisi cette occasion pour dénoncer certains maux sociaux de la Côte d’Ivoire et appeler son allié d’hier le Rhdp à prendre en compte ses critiques.

Elisée Charles GONÇALVES

La Coalition pour la Démocratie, la Réconciliation et la Paix (CDRP) composée majoritairement du Pdci-Rda d’Henri Konan Bédié et du Gps de Guillaume Soro a lancé ses activités hier à Abidjan. A cette occasion, l’ex-président ivoirien a appelé «les fils et filles de Côte d’Ivoire» à tout mettre en œuvre «pour une Côte d’Ivoire éprise de paix, d’équité et aspirant à une vraie réconciliation nationale pour une paix définitive et durable.»

Selon Bédié, la Côte d’Ivoire connaît aujourd’hui un certain nombre de maux que sont la mévente de certains produits de rente, l’absence de soutien du prix du café et du cacao, mettant les populations paysannes dans une situation d’extrême pauvreté. Il a également cité les «nombreux prisonniers politiques et militaires illégalement» en détention et des citoyens exprimant des opinions sur des faits de la société ivoirienne «arrêtés de même que des élus, en dépit de leur immunité parlementaire.» Ce qui, à ses yeux, constitue «des entraves à la liberté d’expression individuelle et collective», qui sont des freins à l’exercice de la démocratie.

L’ex-allié d’Alassane Dramane Ouattara est également revenu sur le problème de la Commission électorale mise en place et qui est d’après lui, confligène et incapable d’organiser des élections justes, libres, transparentes et crédibles en 2020. A l’en croire, la situation ne serait guère reluisante au plan de la gouvernance économique. «L’économie de notre pays est aujourd’hui l’objet d’une prédation systématique au profit d’un cercle fermé proche du pouvoir. Nos forêts font l’objet de nombreuses expropriations et occupations illicites, au détriment de nos braves populations. La dette ivoirienne croît de manière exponentielle suite à des emprunts massifs sur les marchés des euro-obligations. Les ressources issues de ces emprunts ne sont pas affectées à des dépenses d’investissements productifs. Un taux de chômage de 70 à 90 % de la population en âge de travailler, selon la Banque Africaine de Développement (BAD) ; un classement mondial de 170ème pays sur 189 et continental de 35ème sur 53, derrière le Ghana, le Togo et le Benin en 2018, au regard de l’Indice de développement humain ; un taux de pauvreté de plus 46 % selon la Banque mondiale et de 48 % selon la Banque de France ; un taux d’endettement qui est passé au-dessus de la barre moyenne de 50 %, des taux d’endettement des pays africains et la mauvaise gouvernance est également visible dans le niveau de corruption élevé et observée lors de l’attribution de marchés publics, par la procédure du gré à gré», dénonce-t-il.

Sur le plan de l’éducation, de la sécurité, de l’administration publique et de la santé, il a indiqué que «malgré les promesses faites par le gouvernement d’offrir un environnement apaisé aux ivoiriens, celles-ci vivent dans l’angoisse et la peur à quelques mois de l’élection présidentielle d’octobre 2020.»

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