Afrique : le Sahel de toutes les inquiétudes

La situation dans le Sahel trouble le sommeil des pays membres du G5, mais également de la France qui vient de perdre 13 soldats dans un accident entre deux hélicoptères sur le théâtre des opérations. Si ces pays victimes du jihadisme espèrent toujours de la France un soutien continu, celle-ci montre déjà des signes d’exaspération, et il n’est pas exclu qu’elle réduise ses troupes dans le Sahel à défaut de quitter définitivement.

Par Aly Fall

Les pays africains membres du G5 Sahel sont confinés dans un stress permanent au regard de la recrudescence des attaques jihadistes au Burkina Faso et notamment au Mali. Ces attaques deviennent très fréquentes et de plus en plus violentes au point même d’inquiéter la France engagée sur le terrain sous le manteau de l’opération Barkhane.

Les groupes jihadistes prennent des muscles et obligent les Etats dont les territoires sont menacés à réorganiser leurs armées et surtout à chercher des coalitions, pour se protéger de cette menace réelle. Aussi bien le Burkina Faso que le Mali, leurs différentes unités armées sont en alerte malgré les maigres moyens logistiques dont ils disposent. Ils sentent que le Sahel qu’ils partagent part en vrille et que leur propre intimité territoriale est sous hypothèque.

Quelles conséquences suite à la mort de 13 soldats français ?

Si jusque-là l’armée burkinabè arrive à repousser les assauts des jihadistes, le Mali éprouve lui, toutes les difficultés à faire face aux assauts des groupes rebelles. La France qui le soutient aussi jusque–là, semble montrer des signes d’exaspération. Surtout au lendemain de la mort de treize de ses soldats, suite à un choc entre deux hélicoptères, qui pourchassaient des groupes armés.

Interrogé ce vendredi matin par des médias français, le chef d’état-major des armées le Général François Lecointre a assuré que la présence française au Mali est indiscutable, tout en déclarant néanmoins que son pays a besoin de soutien sur le terrain. Il a clairement fait un clin d’œil aux autres pays européens à venir participer à l’effort de guerre afin de juguler la menace jihadiste. La question est maintenant de savoir : que fera la France si cet appel au soutien ne prospère pas ?

Vu la situation, il n’est pas exclu que les autorités françaises annoncent une réduction de leurs troupes déployées dans le Sahel. Cette décision non encore prise, mais pas impossible mettrait sans doute le Sahel sens dessus dessous avec des Etats fragiles sans aucune défens, et des jihadistes de plus en plus organisés, ingénieux et forts.

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