Côte d’Ivoire : Soro réplique, durcit le ton et menace

Guillaume Kigbafori Soro est un dur à cuire, un sacré client pour le régime de Ouattara. Invité du Journal du dimanche (JDD) hier, le nouvel opposant du pouvoir ivoirien s’attaque vertement au président ivoirien et son allié Français, Emmanuel Macron. Dans cette interview, il persiste qu’il sera candidat en 2020 et n’exclut pas d’organiser la résistance depuis son «exil», comme l’avait réussi un certain Général De Gaulle, durant la 2ème Guerre mondiale.

Aly Fall

Alassane Ouattara peut désormais compter Guillaume Soro, son ex-allié au pouvoir, comme l’un de ses plus farouches opposants. Celui-ci a en effet fait une sortie fracassante hier, au micro du Journal du dimanche (JDD), pour revenir sur les raisons de son retour raté à Abidjan, le lundi 23 décembre dernier.

Interrogé sur le mandat d’arrêt lancé contre lui, Guillaume Soro tranche net : «Ce mandat n’est pas fondé sur le droit, mais simplement fait pour empêcher un candidat d’accéder à la tête de son pays. Il ne peut donc opérer puisqu’il est politique. La plupart des pays européens qui défendent les droits de l’homme refusent d’ailleurs d’appliquer ce genre de mandat.»

Pour Soro, cette décision de la Justice ivoirienne est plus politique qu’autre chose et par conséquent nulle et non avenue.

Toutefois, il reconnait avoir tenu les propos contenus dans un enregistrement à charge et jugé subversif par la justice ivoirienne. «L’enregistrement que ce dernier (Alassane Ouattara) dit détenir date de cette époque (2017). C’est une manipulation, un cas de « lawfare », comme Lula l’a subi au Brésil. Il instrumentalise simplement la justice pour écarter un candidat sérieux à l’élection présidentielle», regrette-t-il. Tout en maintenant sa candidature à la prochaine Présidentielle en Côte d’Ivoire. «Je suis et reste candidat à la présidence de la République. Je vais organiser la résistance comme le général de Gaulle l’a fait depuis Londres. Avec tous les partis politiques et le président Bédié [Henri Konan Bédié, chef de l’État ivoirien de 1993 à 1999], nous devons sauvegarder la démocratie en Côte d’Ivoire», a-t-il martelé.

A propos du pouvoir français, dont certains disaient qu’il était derrière lui pour faire partir Alassane Ouattara, Guillaume Soro est sans équivoque. Pis, il tance Emmanuel Macron et lui reproche même d’avoir une attitude honteuse à l’égard des papys ivoiriens, qui tiennent le pouvoir. «Je n’ai aucun contact avec l’Élysée (….) J’ai entendu le président Macron parler d’un sentiment antifrançais dans les ex-colonies. C’est faux ! Mais quand un dirigeant comme lui s’affiche avec des septuagénaires honnis par leur peuple, que peut-il attendre des jeunes générations africaines ? Avez-vous vu ces images ridicules où le vice-président de la Côte d’Ivoire, un homme de 76 ans, lui chante « joyeux anniversaire » ? C’est une honte», a indiqué l’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne pour qui, l’opération conquête du pouvoir a démarré et que Ouattara peut d’ores et déjà se faire des soucis.
 

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