Covid-19 : les pays de la CEDEAO sur le pied de guerre

La Cedeao prépare ses Etats membres à l’épidémie du coronavirus ou Covid-19. Elle a en effet réuni les pays de la zone communautaire à Dakar, plus le Tchad et la RDC, pour voir les voies et moyens à emprunter afin de mieux combattre le virus en cas d’infection dans l’espace.

Par Aly Fall

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) arme ses pays membres pour mieux prévenir l’épidémie du Covid-19 qui a gagné du terrain dans beaucoup de pays et a créé une véritable psychose à travers le monde.

A cet effet, un atelier d’échanges d’expériences et de renforcement de capacités a réuni, hier, à Dakar, les 15 Etats membres de l’organisation sous-régionale, plus deux pays de l’Afrique centrale, à savoir le Tchad et la République démocratique du Congo. 

L’objectif de cette rencontre est de doter ces pays du maximum d’informations et de capacités laboratoires nécessaires pour faire face à d’éventuels cas de coronavirus. Ce, au moment où la maladie venue de Chine ne cesse de se propager à travers le monde dont l’Afrique qui a enregistré son premier cas en Egypte. L’idée de la Cedeao est de faire en sorte que tous les pays de son espace travaillent ensemble, main dans la main, pour mieux préparer la région à faire face à cette épidémie. ‘’Nous avons réuni tous les pays de la Cedeao pour leur donner tous les réactifs et consommables dont ils ont besoin pour faire face à cette épidémie. A la fin de cette rencontre, tous les participants auront les capacités de détection rapide de la maladie. Au-delà de la capacité technique, l’atelier donne aussi une certaine opportunité de faire du réseautage pour renforcer l’ensemble du dispositif. On n’a pas encore de cas, mais on se prépare pour faire face à une éventuelle épidémie de coronavirus’’, a indiqué le Dr Abdourahmane Sow de l’Organisation ouest-africaine de la santé (Ooas). 

L’objectif principal de la rencontre de Dakar est de former les pays, renforcer les capacités nationales de diagnostic et harmoniser les différentes procédures pour faciliter la détection de la maladie et la collaboration entre les pays membres de l’espace ouest-africain. ‘’Le premier objectif de l’atelier consiste à avoir un échange d’informations entre les différents participants et une mise à jour de la connaissance de ce virus dans le domaine du diagnostic, puisque c’est un virus nouveau. Le deuxième élément est de donner une expérience pratique à l’ensemble de nos collègues des différents pays, de manière à faciliter la mise en place de ces expériences dans leurs pays. Le troisième est de construire l’écosystème de laboratoire en Afrique, en discutant et en organisant les différents aspects des laboratoires, soit dans la caractérisation fine des pathogènes, soit dans le domaine de la confirmation et des échanges qu’on peut avoir dans la façon de faire de la recherche autour de cette question’’, a expliqué Dr Amadou Sall, Directeur de l’Institut Pasteur de Dakar, co-organisateur de l’atelier.

Dakar coordonne la partie laboratoire au niveau de l’Afrique

La rencontre de Dakar, qui prend fin demain, s’inscrit dans une série d’ateliers initiée par l’Organisation ouest-africaine de la santé (Ooas) et la Cedeao, en collaboration avec l’OMS et d’autres partenaires pour équiper les pays africains dans le contexte de la propension du Covid-19 à travers le monde.  
Ainsi, un premier atelier du genre avait déjà eu lieu à Dakar, au début de l’épidémie en Chine. Puis un deuxième, en Afrique du Sud, où 19 pays ont été formés sur les techniques de diagnostic laboratoire.
Le choix de Dakar pour abriter ce troisième atelier s’explique par ‘’l’expertise avérée’’ de l’Institut Pasteur de Dakar qui avait fait face à Ebola avec succès. ‘’Après évaluation des capacités, l’OMS a décidé que deux laboratoires devaient, dans un premier temps, appuyer le réseau du continent ; et son choix était porté sur l’Institut Pasteur de Dakar et un autre en Afrique du Sud. Au niveau de l’Afrique de l’Ouest, l’Ooas a aussi choisi l’Institut Pasteur de Dakar comme laboratoire de référence pour cette dynamique. Il y a donc une responsabilité continentale au niveau de Dakar et, dans une certaine mesure, du Sénégal.  Il a aussi été demandé, par l’Union africaine, à l’Institut Pasteur de Dakar de coordonner toute la partie laboratoire au niveau de l’Afrique’’, a indiqué Dr Sall.

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