Bénin : Edith Gnavissa et Alexia Béhanzin, conceptrices de la Maison de l’Unité Africaine (MUA)

Entretien avec deux femmes qui sont mère et fille, conceptrices de la construction de la MUA à Cotonou, inconnues du grand public au Bénin et a fortiori en Afrique mais qui croient fort en l’idée de cette œuvre supranationale et lancent un appel à tous les mécènes, donateurs et autres personnes de bonne volonté, pour leur venir en aide afin de réaliser ce joyau architectural et humanitaire dont elles rêvent tant.

Par Faustin Dali

Pourquoi avez-vous choisi ce projet ? Et comment est née cette grande idée ?

Edith Gnavissa : S’agit-il vraiment d’un choix ? Non, il s’agit plutôt d’un sentiment pas très agréable qui s’impose à ma fille Alexia et moi lorsque nous lisons ou regardons les grands journaux occidentaux qui parlent de l’Afrique. Pour nous, ces journaux contrôlent l’esprit des masses. Et leurs contenus sont relayés sur les réseaux sociaux par des influenceurs ou activistes. Le plus souvent ce sont des Afro-descendants ou non qui dépeignent à tort ou à raison l’Afrique qui ne donne pas envie. Distillant des thèses fatalistes qui n’aident pas l’Afrique à s’industrialiser pour atteindre le niveau de développement des autres continents. Dès lors, Alexia et moi avons pris la décision de casser cette image négative de l’Afrique. C’est donc par résilience que nous avons eu l’idée de la construction d’une Maison de l’Unité Africaine qui a pour but de réparer l’image de la Déesse Afrique, de révéler une Afrique Féérique qui donne envie aux Africains, aux Afro-descendants et au reste du monde, en s’inspirant du groupe industriel français l’Oréal dont le slogan est : « La beauté est une valeur d’avenir ».

Alexia Béhanzin : Avant, mon idée était de réaliser une émission de télé-réalité. Qui montrerait d’une part le contraste entre l’Afrique et le reste du monde, et d’autre part l’Afrique où l’on va à la piscine, à des rendez-vous, au travail, au collège ou à l’université et où existent des problèmes entre des humains comme sur tous les continents. Bref, une vie normale des Africains comme un peuple civilisé. Sauf que ma mère a voulu tout faire en un en réparant l’image de la Déesse Afrique et en visant son développement. Ce sont là les deux options que nous présentent la MUA.

D’illustres femmes inconnues vous passez au statut de conceptrices d’un grand projet. N’est-ce pas difficile ?

E.G : Ma fille et moi aimons profondément l’Afrique. Nous espérons que cela ne vous a pas échappé et par conséquent nous sommes fières d’être des Africaines. Donc, portées par cet amour et cette fierté nous avons pu concevoir ce projet. Par conséquent, nous n’éprouvons aucune difficulté à passer de personnes inconnues au statut de conceptrices de ce grand projet.

Quels sont vos moyens humains et financiers pour la réalisation de la MUA à
Cotonou ?

A.B: C’est vrai que la réalisation de la MUA s’est reposée jusque-là sur ma mère et moi. Seules nos compétences humaines et financières ont permis de réaliser des maquettes et deux spots qui définissent la MUA, illustrant ainsi notre vision. Sur le plan humain, nous demandons à tous les panafricains et à tous ceux des quatre coins du monde qui s’intéressent au développement de l’Afrique de nous rejoindre pour la réalisation de ce grand projet dans la mesure du possible. Et puis sur le plan financier, nous comptons sur l’apport des mécènes, des donateurs et de tous ceux qui croient en la MUA. Comme quoi, nous avons les idées mais nous n’avons pas assez de moyens financiers pour réaliser cette œuvre.

En avez-vous déjà parlé avec les autorités politiques et opérateurs économiques du Bénin ?

E.G: Bien sûr mais nous n’avons pas eu d’adhésion de nos autorités. Sauf qu’elles ont reconnu l’utilité et la qualité du projet. Nous espérons qu’ils s’intéresseront à nous une fois que notre projet aura reçu un écho favorable à l’extérieur de nos frontières. Cela illustre clairement « l’acharnement » avec lequel les Africains refusent le développement dont parle Axelle Kabou, dans son livre ‘’Et si l’Afrique refusait le développement’’. Nous avons bon espoir que la MUA sera une manière de taper du poing sur la table pour dire non à l’afro pessimisme. Désormais, le refus du développement ne sera plus l’idéologie la mieux partagée en Afrique noire.

A défaut de moyens financiers de votre part, ne craignez-vous pas que votre projet soit détourné ?

A.B: Certes, la peur qu’on détourne notre projet existe mais si nous nous fions à ça il ne se réalisera jamais. Les démarches pour la création de l’ONG MUA ont été effectuées. Donc, sur le plan juridique nous sommes rassurées car nous existons. Sur le plan spirituel pour des croyantes comme ma mère et moi, c’est la Déesse Afrique qui a inspiré ce projet. Nul ne peut mener à bien ce projet sans nous. C’est pourquoi, nous jetons cette bouteille à la mer dans l’espoir de trouver des âmes généreuses.

Au final, qu’avez-vous à dire aux mécènes et à tous ceux qui croient en votre projet ?

E.G: Le projet Maison de l’Unité Africaine n’est pas une initiative pour faire du buzz. Nous croyons fermement que c’est un projet dont la Déesse Afrique a besoin pour rebondir positivement. Alors aux mécènes et à tous ceux qui croient en la MUA, nous vous demandons de nous rejoindre pour une aventure inédite sur le continent africain.

A.B: Oui, l’Afrique est le berceau de l’humanité. Dès lors, nous lançons un appel à tous ceux qui aiment ce continent, aux forces vives d’Afrique et du monde, tant dans les domaines du sport, de la musique, de la mode que du cinéma… de nous contacter pour la réalisation de la MUA. Que leurs mains ne tremblent pas à financer ce projet avec confiance et conviction, car c’est ensemble qu’on deviendra bâtisseur d’une Afrique conquérante et meilleure.

Notre contact : judalex@yahoo.com

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