Médiation au Mali : la grande déception des chefs d’Etats africains

Le M5-RFP se donne pour mission de sauver le Mali d’une inéluctable disparition en tant qu’Etat, Nation, Démocratie et République laïque sous la gouvernance chaotique d’Ibrahim Boubacar Kéita (IBK), dont il demande la démission. Malheureusement, les chefs d’Etats africains qui ont fait le voyage de Bamako pour une médiation, n’ont pas réussi à concilier les deux parties.

Par Met Gaye Ferrari

«Le Mali traverse une grave crise socio-politique dans un contexte régional marqué essentiellement par l’insécurité, les menaces terroristes et la pandémie de la COVID-19 qui a des répercussions négatives sur une situation économique déjà en grande difficulté», lit-on dans le contenu d’une note parvenue à notre rédaction. Pour les membres du M5, il convient, pour apporter des solutions susceptibles de résoudre cette crise d’en connaitre les causes, les manifestations et conséquences et en situer toutes les responsabilités. Selon eux, «le peuple malien est particulièrement sensible à une préoccupation constante d’apporter une solution à la crise actuelle que traverse notre pays. Avec vous, nous souhaitons avoir une pensée pieuse pour les vingt-trois (23) morts de la répression des 10, 11 et 12 juillet 2020».

IBK a mis en place un système de prédation

Dans le contenu de leur déclaration, signée ce jeudi 23 juillet, les membres du M5 disent avoir une pensée forte pour l’honorable Soumaila Cissé disparu depuis maintenant quatre mois. Les membres du M5 ont écrit aussi dans leur note pour dire que « le Président Ibrahim Boubacar Keïta a, dès son élection en 2013, mis en place un système de prédation fondée sur la corruption et l’impunité qui ont gravement impacté l’ensemble des secteurs de la vie sociale, économique, politique, administrative, culturelle et surtout la situation sécuritaire du Mali, voire de la sous-région ». Et d’ajouter : « avec sa famille et ses amis, IBK a mis en place un véritable système de captation des richesses nationales, de mainmise sur l’appareil d’Etat et sur l’administration publique, de prise d’intérêts personnels dans tous les secteurs économiques et financiers ». Selon les membres du M5, cette façon de gérer a empêché l’Etat d’assumer ses fonctions régaliennes de sécurité et de développement et a conduit le Mali au bord du gouffre et compromet la stabilité dans le Sahel.

Tirer les conséquences du Mémorandum du 30 Juin 2020

Après avoir essayé, sans succès, toutes les voies du dialogue et celles de droit pour résorber les conséquences de la crise, et pris acte de la confiscation du mécanisme électoral ôtant aux élections toute signification et toute fonction régulatrice du système démocratique, le M5-RFP, soucieux du devenir et de la survie du Mali, s’est engagé à organiser des manifestations légales et pacifiques sur l’ensemble du territoire national et dans la diaspora pour amener M. Ibrahim Boubacar Keïta à prendre lui-même la décision de démissionner de la présidence de la République du Mali.

Les camarades de l’Imam Dicko exhortent à tirer les conséquences de la caducité du Mémorandum du 30 Juin 2020 qui proposait à M. Ibrahim Boubacar Keïta des solutions politiques de sortie de crise qui n’y a jamais répondu.

Au constat de la volonté affichée de M. Ibrahim Boubacar Kéita de gagner du temps, et surtout, suite aux répressions meurtrières des manifestations populaires reprises à partir du 10 juillet 2020, le M5-RFP, lors des échanges avec une Mission de Médiation de la CEDEAO dépêchée au Mali sous la conduite de M. Goodluck JONATHAN, a soumis un document articulé autour de 4 points qui, malheureusement n’ont pas été satisfaits.

Une plainte annoncée à la CPI

Le M5-RFP travaille d’ailleurs au dépôt d’une plainte devant les juridictions nationales et la Cour Pénale Internationale (CPI). Enfin, pour le M5-RFP, M. Ibrahim Boubacar Keïta manque manifestement de leadership et de capacité à présider aux destinées du Mali en tant que Nation en crise. Au demeurant, il a abandonné cette mission à des personnes qui n’en ont ni la légitimité, ni les compétences requises, ni même le souci du devenir du Mali.

En conclusion, le M5-RFP demande aux Chefs d’Etats de la CEDEAO, d’accompagner le Peuple malien dans sa quête de sécurité, de paix et de prospérité socioéconomique, à travers la restauration d’un Mali démocratique, républicain et laïc, avec une gouvernance responsable et vertueuse.

L’on peut dès lors, dire sans risque de se tromper, que les chefs d’Etats africains ont échoué dans leur mission de médiation.

Pub_Header