Haïti : l’OIF condamne le meurtre du président Moïse et demande une enquête

La secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) Louise Mushikiwabo (Photo) « condamne avec la plus grande fermeté » l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, appelle au calme dans un contexte de « violence exacerbé » en Haïti et demande « la conduite d’une enquête sérieuse et indépendante » sur ces évènements.

Dans un communiqué parvenu à l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), Mme Mushikiwabo « condamne avec la plus grande fermeté l’odieux assassinat » du président haïtien Jovenel Moïse, dans l’attaque de son domicile dans la nuit de mardi à mercredi.

La SG de l’OIF se dit « également très préoccupée par l’état de santé de la Première dame, Madame Martine Moïse, blessée par balle lors de cette attaque commise dans la nuit du 6 au 7 juillet », rapporte le communiqué.

« Elle adresse les plus sincères condoléances et les pensées solidaires de la Francophonie à la famille et aux proches du Président ainsi qu’à l’ensemble du peuple haïtien », ajoute le communiqué.

« Dans ces circonstances tragiques et ce climat de violence exacerbé », la SG de l’OIF « appelle au calme ainsi qu’à la préservation de la sécurité, des institutions de l’Etat de droit et des principes démocratiques ».

« Elle demande également la conduite d’une enquête sérieuse et indépendante sur l’assassinat du Président Moïse », 53 ans, venu du monde des affaires et élu président en 2016 avant de prendre ses fonctions le 7 février 2017.

Lundi, il avait nommé un nouveau premier ministre, Ariel Henry, un médecin chirurgien de 71 ans, à qui il avait assigné la mission de « former un gouvernement d’ouverture », de « résoudre le problème criant de l’insécurité » et d’œuvrer à « la réalisation des élections générales et du référendum ».

Ce référendum constitutionnel, d’abord prévu le 27 juin et reporté au 26 septembre, était voulu par le président mais largement contesté par l’opposition et jusque dans le camp présidentiel, la procédure étant accusée de ne pas respecter les dispositions de l’actuelle Constitution.

Le texte de cette réforme constitutionnelle vise à renforcer l’exécutif, deux avant-projets déjà présentés proposant de supprimer le Sénat et d’ouvrir la possibilité d’effectuer deux mandats présidentiels successifs.

M. Henry, septième premier ministre de Jovenel Moïse en quatre ans, est proche de l’opposition politique mais la plupart des partis concernés rejetaient sa nomination et continuaient d’exiger le départ du président.

Il n’avait pas encore pris ses fonctions, dans un contexte où Haïti reste gangrené par l’insécurité et notamment les enlèvements contre rançon menés par des gangs.

Le président Jovenel Moïse, accusé d’inaction face à la crise, était confronté à une défiance d’une bonne partie de la population civile.

« Cette grave situation ne doit en aucun cas être l’occasion de déstabiliser davantage les institutions démocratiques d’Haïti. L’intérêt supérieur du pays et des populations, déjà durement éprouvées, doit être la première considération de tous les acteurs haïtiens et internationaux », déclare la SG de l’OIF.

Mme Mushikiwabo, dont les propos sont cités par le communiqué, « réitère la solidarité de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et sa pleine disponibilité, aux côtés des partenaires internationaux, à accompagner le pays pour sortir de cette crise majeure ».

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