Côte d’Ivoire : 3 questions à…

Pulchérie Gbalet, une figure de proue de la société civile

Par Elisée Gonçalvès

Une « Côte d’Ivoire sans injustice », tel est votre combat. C’est courageux, alors que le pays est secoué par de nombreux faits majeurs on ne vous entend pas. Est-ce une stratégie ?

Aujourd’hui, nous faisons face à des autorités gouvernementales qui n’ont que faire de ce que pense le peuple, ni du respect des normes. Ces autorités bafouent les droits et violent même la constitution, au gré du choix du moment. Dans un tel contexte, Nous ne pouvons pas rester silencieux. Nous avons simplement jugé bon de laisser passer les vœux et les recueillements de fin d’année avant de nous prononcer sur l’actualité politique. Donc, l’heure est désormais beaucoup plus à l’action qu’aux discours et aux déclarations. Pour ce qui est des faits sociaux, nous allons rendre visite aux personnes victimes d’injustice pour les conseiller et les encadrer dans les actions à mener. C’est le cas des populations d’Adjouffou dans la commune de Port-Bouët qui sont actuellement menacées de déguerpissement sans mesures d’accompagnement.

Mandat d’arrêt international contre Guillaume Soro, arrestation d’opposants politiques dont des députés, passe d’armes par médias interposés entre pouvoir et opposition, notamment à l’approche de la présidentielle d’octobre 2020. Doit- on craindre le pire ?

Nous devons réellement craindre le pire parce que certains de nos politiciens ne sont pas responsables. De toute évidence, ils sont en train de préparer une autre guerre. Nous avons alerté les autorités gouvernementales et l’opinion nationale et internationale sur la nécessité d’un dialogue véritablement inclusif, depuis 2017, en vain. Nous sommes dans une situation où la CEI a été mal recomposée alors que la guerre de 2010 est partie d’elle, le dialogue politique n’est pas inclusif et le Gouvernement se plaît à organiser des mascarades de consultations rien que pour valider ce qu’il a déjà décidé, la société civile active sur le terrain comme la nôtre n’est pas associée aux consultations, l’opposition est persécutée par des pratiques qui ne respectent pas les procédures, le temps restant pour préparer techniquement les conditions normales pour les élections est insuffisant, les preuves de fraudes électorales sont déjà perceptibles, la réconciliation n’est pas effective, ni à l’ordre du jour, l’armée est divisée, et le dialogue social est en panne et plusieurs grèves de corporation sont en vue. Que pouvons-nous logiquement espérer d’un tel contexte, à part craindre le pire ? Une crise pré-électorale est fort probable.

Et quelles sont donc vos actions pour aviser l’opinion nationale et internationale sur les risques de cette élection présidentielle ?

Du point de vue de la communication, nous allons organiser des conférences de presse et écrire aux autorités gouvernementales, de même qu’aux chancelleries pour les alerter sur les risques encourus par la Côte d’Ivoire relativement aux conditions mal préparées pour aller aux prochaines élections présidentielles. C’est pour cela que dès cette semaine, nous allons envoyer des courriers aux chancelleries pour les alerter sur la situation, le 21 janvier nous organiserons un déjeuner de presse pour nous prononcer sur l’actualité et présenter nos futures actions. Nous avons également l’intention à partir du 27 janvier 2020 de faire des vidéos tous les mardis pour nous prononcer sur l’actualité ou sensibiliser l’opinion sur une question cruciale. Par ailleurs, depuis le 28 décembre 2019, nous avons commencé à mettre en place des brigades citoyennes communales pour être plus proche du peuple et pour le sensibiliser sur les thématiques importantes. Le 25 janvier, nous organisons une journée nationale de repentance pour prier pour la Côte d’Ivoire. Cette journée de prière sera doublée d’un meeting exclusif de la société civile où des messages divers sur les préoccupations seront passés.

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