Israël : le travailliste Isaac Herzog élu président par les députés

Le travailliste Isaac Herzog, 60 ans, a été élu président de l’État d’Israël, mercredi, par les députés, en pleine crise politique et à quelques heures d’un ultimatum pour former un gouvernement de coalition en Israël.

Élu président mercredi par les députés israéliens, Isaac Herzog est devenu, mercredi 2 juin, le onzième président de l’État hébreu et remplace Reuven Rivlin à cette fonction largement honorifique, a indiqué la chaîne parlementaire. Isaac Herzog a été élu avec 87 voix contre 26 pour son adversaire Miriam Peretz, dans un contexte de vives tractations politiques en Israël. La fonction de chef de l’État en Israël est apolitique et largement cérémonielle, alors que le pouvoir exécutif reste entre les mains du Premier ministre. Le président peut toutefois accorder des grâces.

« Je prends sur mes épaules la lourde responsabilité que vous me donnez », a déclaré Isaac Herzog, surnommé « Bouji », dans un discours télévisé après l’annonce des résultats. « Je serai le président de tous, je construirai des ponts entre les différents pans de notre société ». L’avocat de formation, âgé de 60 ans, a remercié son adversaire Miriam Peretz, « héroïne israélienne », « d’être un symbole et une inspiration pour tous les citoyens israéliens ». « Je lui tends la main avec l’espoir d’une collaboration fructueuse pour le bien de la société israélienne », a-t-il ajouté, selon France 24 et l’Agence France Presse, que Néo a consulté.

Ancien adversaire de Benjamin Netanyahu

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu l’a félicité et lui a souhaité « une grande réussite au nom de tous les citoyens israéliens ». Autrefois chef du parti travailliste et président de l’Agence juive, Isaac Herzog est l’héritier d’une des plus grandes familles israéliennes, parfois comparée aux Kennedy. Il marche dans les pas de son père, Chaïm Herzog, chef d’État de 1983 à 1993. « Toute ma vie a été au service de l’État, ce sera un honneur de vous servir comme président de notre État que nous aimons tous », affirmait Herzog fils, dans son clip de campagne diffusé ces dernières semaines sur les réseaux sociaux. Isaac Herzog avait convoité, en 2015, le poste de Premier ministre, doté de beaucoup plus de pouvoirs.
Il avait alors en face de lui un adversaire redoutable : un certain Benjamin Netanyahu.

Tractations en cours pour former un gouvernement

« Quand je me suis porté candidat à la tête du parti travailliste, ils ont dit : ‘il n’a pas de charisme, aucune chance’. Et quand j’ai affirmé, l’année dernière, que je serai l’alternative au gouvernement de Netanyahu, ils ont ri », avait-il déclaré à la presse avant les élections de 2015. Raillé pour sa voix fluette, l’homme aux yeux clairs avait choisi en 2015 pour slogan de campagne : « Ce n’est pas ma voix qui compte, c’est la vôtre ». Modeste, diplomate, Isaac Herzog remplace l’ancien président Reuven Rivlin et apparait comme l’exact opposé de Benjamin Netanyahu.

Hasard du calendrier, il a été élu président le jour où les adversaires du Premier ministre le plus pérenne de l’histoire du pays pourraient annoncer un accord de coalition pour chasser ce dernier du pouvoir. Les adversaires de Benjamin Netanyahu, Premier ministre le plus pérenne de l’État d’Israël, ont jusqu’à mercredi 23H59 (20H59 GMT) pour surmonter leurs différences idéologiques et annoncer un accord de coalition, en vue de mettre un terme à deux ans de crise politique. En cas d’échec du centriste Yaïr Lapid à former un gouvernement avant l’échéance, les députés pourront demander au président de mandater de nouveau un parlementaire. Ou, ce sera le retour aux urnes, pour la 5ème fois en un peu plus de deux ans.

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