Nigeria : enlèvement d’une dizaine d’enfants dans une école privée

La série noire des enlèvements de masse d’écoliers continue au Nigéria, où des dizaines d’enfants ont encore été enlevés, dimanche 30 mai, par de nombreux hommes armés dans une école privée musulmane d’une région du centre-nord.

Le nombre exact d’enfants enlevés était encore incertain lundi, mais environ 200 se trouvaient dans l’école Salihu Tanko, située dans l’État du Niger, au moment de l’attaque qui s’est déroulée dimanche après-midi.

Le média français France 24 nous apprend que plusieurs ont réussi à s’enfuir, mais les ravisseurs ont « pris plus de cent élèves, avant de laisser ceux qu’ils considéraient comme trop petits, ceux entre quatre et 12 ans », a confié à l’Agence France Presse un responsable de l’école, sous couvert d’anonymat.

Le président nigérian, Muhammadu Buhari, a de son côté donné l’ordre, lundi, aux forces de sécurité et aux services de renseignement « d’accélérer leurs efforts en vue de la récupération des 200 enfants », a annoncé son bureau. « Ceux qui sont impliqués dans les opérations de secours doivent faire tout leur possible pour assurer leur libération immédiate », a-t-il ajouté.

Les enlèvements d’enfants en hausse dans la région

Les ravisseurs ont « relâché onze enfants, qui étaient trop petits pour marcher », ont raconté les autorités locales, qui dénoncent la hausse du nombre des enlèvements contre rançon à travers le centre et le nord du Nigeria.

Un porte-parole de la police, Wasiu Abiodun, a déclaré à nos confrères que les assaillants étaient arrivés à moto et qu’ils avaient commencé à tirer avant de tuer un habitant et d’en blesser un autre et d’enlever les enfants. Ce nouveau kidnapping est survenu au lendemain de la libération de 14 étudiants dans l’État de Kaduna (nord), après 40 jours de détention.

Cinq étudiants avaient été exécutés par leurs ravisseurs dans les jours qui avaient suivi leur enlèvement pour faire pression sur les familles et contraindre le gouvernement à payer une rançon.

Des familles, citées par la presse locale, ont déclaré qu’elles avaient payé 180 millions de naira (357 000 euros) au total pour retrouver leurs enfants.

Plus de 700 jeunes enlevés depuis 6 mois

Ces bandes armées, dont les membres sont communément appelés « bandits », terrorisent les populations dans le centre-ouest et le nord-ouest du Nigeria, pillant des villages, volant le bétail et procédant à des enlèvements de masse contre rançon.

Cela fait des mois que ces groupes se livrent essentiellement à de tels kidnappings dans les établissements scolaires : 730 enfants et adolescents ont déjà été enlevés depuis décembre 2020.

Plusieurs de ces enlèvements avaient fait la une des journaux internationaux et provoqué une émotion mondiale, notamment fin février, lorsque 279 adolescentes, âgées de 12 à 16 ans, avaient été kidnappées, puis libérées cinq jours plus tard, dans l’État de Zamfara, dans le nord-ouest du Nigeria.

Cette série noire avait commencé en décembre dernier, avec l’enlèvement de 344 garçons de leur pensionnat à Kankara, dans le nord. Ils avaient été relâchés au bout d’une semaine, après des négociations.

La multiplication de ces enlèvements fait craindre une aggravation de la déscolarisation, particulièrement des filles, dans ces régions pauvres et rurales qui comptent déjà le plus fort taux d’enfants n’allant pas à l’école du Nigeria. Face à cette situation, de nombreux États ont en effet pris la décision de fermer provisoirement les pensionnats.

Depuis des décennies, le Nigeria est en proie aux enlèvements, les criminels ciblant surtout des hommes riches et influents. Mais ces dernières années, ils visent même les plus pauvres et des bandes armées lancent leurs attaques sur des grands axes routiers, où des voyageurs sont régulièrement enlevés.

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