Guinée : l’ONU dénonce les discours de haine pendant la campagne

Deux hautes responsables des Nations Unies ont mis en garde contre les « discours de haine à relent ethnique » en Guinée pendant la campagne pour l’élection présidentielle prévue ce 18 octobre prochain.

«Les responsables politiques, en particulier les candidats à la prochaine élection présidentielle en Guinée, devraient s’abstenir d’invoquer des affiliations ethniques et d’utiliser un langage provocateur, lesquels pourraient conduire à de la violence, à de la discrimination et à d’autres violations des droits de l’homme», ont déclaré Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme (Photo) et Pramila Patten, Conseillère spéciale par intérim pour la prévention du génocide et Représentante spéciale chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit.
À l’approche du scrutin, les appels aux affiliations ethniques, en particulier aux ethnies Malinké et Peul, ont été de plus en plus répandus et ont créé des divisions pendant la campagne.

Selon ces deux hautes responsables onusiennes, les candidats ont également suggéré que des actes de violence pourraient suivre l’annonce des résultats. «Compte tenu de l’histoire de la violence intercommunautaire en Guinée, je suis profondément préoccupée par une rhétorique aussi dangereuse de la part des responsables politiques, qui pourrait, dans certains cas, constituer une incitation à l’hostilité, à la discrimination ou à la violence», a déclaré Mme Bachelet.

A ce sujet, elle fait état « de signes sérieux d’une augmentation de l’intolérance et des affrontements, notamment parmi des groupes de jeunes, et des médias qui amplifient les messages de haine ». Selon les médias, le Président Alpha Condé, candidat à un troisième mandat, et son principal opposant, Cellou Dalein Diallo, s’accusent mutuellement d’attiser les tensions intercommunautaires.

Michelle Bachelet a donc appelé tous les candidats à s’abstenir d’attiser les divisions ethniques. Elle les invite à garantir aux Guinéens d’exercer leurs droits à la liberté d’expression, à la réunion pacifique et à la participation au processus électoral sans violence ni intimidation, et sans discrimination.

De son côté, Pramila Patten demande aux partis de s’abstenir d’instrumentaliser l’ethnicité ou de toutes manipulations qui sèment les graines de la division à des fins politiques.

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